Grand Prix d’Australie : le baromètre

Comme prévu, l’épreuve d’ouverture de la saison 2013 s’est révélée riche en rebondissements. Des dépassements à gogo, des stratégies différentes dûes aux pneus, et un vainqueur incontestable, tels sont les faits marquants du GP d’Australie ! Analyse de cette première manche sous forme de baromètre.

En hausse

Kimi Raïkkönen (Lotus)
« Iceman » (son surnom) a encore frappé ! Le Finlandais, grâce à sa victoire à Melbourne, s’est retrouvé logiquement en tête du championnat des pilotes. Une position qu’il a acquise avec intelligence ce dimanche. Son envol depuis la septième place sur la grille lui a permis de se défaire très rapidement de l’Anglais Hamilton (Mercedes-AMG), installé au quatrième rang. Mais c’est surtout avec l’aide de sa Lotus E21 que la victoire fut possible. Cette monoplace s’est montrée moins dégradante avec les pneus que ses concurrentes. On en veut pour preuve sa brillante stratégie à deux arrêts, alors que les autres pilotes passaient une fois de plus par les box. Avec une régularité caractéristique du champion du monde 2007, la Lotus s’est retrouvée au rang de leader au quarante-troisième passage. Une position qu’elle n’a plus quittée jusqu’à la ligne d’arrivée !

Adrian Sutil (Force India)
C’est très certainement LA surprise de cette manche australienne ! Pour son grand retour après un an d’absence, le pilote allemand a sorti le grand jeu. Virtuose du piano depuis son enfance, il a livré une solide partition à bord de sa monoplace. Qualifié à une timide douzième place, il a su tirer profit d’un meilleur rendement de ses pneumatiques Pirelli. En effet, tandis que la quasi-totalité du peloton s’était déjà engouffré dans les stands, il a attendu le vingt-et-unième tour pour s’arrêter. Puis il a réussi à se maintenir dans le groupe de tête jusqu’à son deuxième pit-stop à une dizaine de boucles de la fin. Malheureusement, le choix de rouler en « super-tendres » ne fut pas gagnant. Il perdit deux positions coup sur coup pour finalement rentrer dans le rang et terminer devant son équipier Di Resta, 7ème. Une course solide donc mais qui ne se reflète pas sur la feuille de résultats.

Ferrari

Les pilotes Ferrari
Nous pouvons l’annoncer : Felipe Massa a retrouvé à coup sûr son niveau d’antan ! Après avoir résisté aux assauts de son acolyte Fernando Alonso, le Brésilien a subit une stratégie peu inspirée de la part de ses ingénieurs. Ressorti des stands quatrième virtuellement (alors qu’il pouvait rester sur le podium), il se bagarra un temps avec Sutil, mais c’en étaient terminé des espoirs de podium. Massa termine quatrième, une belle entame de saison pour le vice-champion 2008. Alonso quant à lui est le pilote qui s’est donné à 200% tout au long des 58 tours. Auteur de quelques passes-d’armes spectaculaires, notamment avec Hamilton, il ne put rattraper le Finlandais volant en fin d’épreuve. Sa résistance face à Sebastian Vettel (Infiniti-Red Bull) pour le gain de la place de dauphin fut exemplaire. Sa ténacité ce week-end en dit long sur sa capacité à devenir champion du monde cette saison. Globalement, la Scuderia Ferrari a réalisé un excellent entame d’année pour le classement des constructeurs.

En baisse

Mark Webber (Infini-Red Bull)
Comme à son habitude, serait-on tenté de dire, le chouchou du public s’est fourvoyé lors du départ. Avec une mauvaise gestion de l’adhérence, l’Australien à dégringolé de la seconde à la septième place ! Alors, nous pouvons nous poser des questions : est-ce un problème de stress ? Est-ce dû à un mauvais réglage ? Tout ce que l’on peut dire, c’est que Webber a réalisé une course obscure. Sa place finale (sixième) n’est pas suffisante pour espérer jouer un rôle dans la course au titre pour le moment.
AJOUT DU 19 MARS : Mark Webber a été en réalité victime d’une défaillance de son boîtier électronique de contrôle du moteur lors du tour de formation. Cela l’a particulièrement déconcentré lors de la procédure de départ. Par la suite, des soucis de KERS l’ont handicapé. Un manque flagrant de fiabilité sur la Red Bull de l’Australien !

Romain Grosjean (Lotus)
Tandis que son coéquipier Raïkkönen récoltait les lauriers de la victoire, Grosjean coupait la ligne au milieu du trafic. Le Français, auteur ici du troisième chrono en 2012, ne glane qu’un seul point. Pas de quoi le satisfaire donc. Son départ aux côtés de Kimi ne fut pas des plus probants. A la fin du premier tour, il était hors du Top 10 ! Il n’y a pas eu de remontée de sa part. Stagnant dans ces eaux troubles, il a néanmoins sur résister à son compatriote Vergne (Toro Rosso) pour finir dixième. Un résultat que l’on peut qualifier d’inhabituel pour Romain.

Williams

L’équipe Williams
L’écurie de Grove est redescendue sur terre aux Antipodes. Qu’il est bien loin, le souvenir de la victoire de Pastor Maldonado à Barcelone ! Le Vénézuélien, qui a abandonné sur sortie de piste, a adressé des propos acerbes à son staff : « Nous sommes revenus deux années en arrière ! » Pour info, la monoplace 2011 était rétive et il n’avait signé qu’un seul point…  Son équipier le rookie Valtteri Bottas est parvenu à rallier l’arrivée, contrairement à son équipier, quatorzième. Williams est dans une situation semblable à celle de Ferrari l’an dernier. Ils se doivent de rectifier le tir, mais en sont-ils capables, avec un financement inférieur à celui de la Scuderia ?

L’équipe McLaren
Autre formation historique, autres déboires ! Les Anglais de Woking font grise mine, et pour cause : Jenson Button est neuvième, et Sergio Perez onzième. Des statistiques pour le moins rarissimes pour l’équipe vainqueur à Melbourne l’an passée avec Button ! Ce dernier a effectué une course discrète, seulement une place de gagné par rapport à sa qualification. Le tout jeune Perez n’a pas eu la vie facile, avec une session chronométrique étrange pour tout le paddock et un quinzième temps. Le budget est colossal chez McLaren, mais le problème de performance de la MP4-28 est tout de même important. Espérons que Sergio Perez retrouve de sa superbe lors du prochain GP en Malaisie dimanche prochain ! C’est à Sepang que le Mexicain s’était révélé en talonnant Alonso en fin d’épreuve…

Des nouvelles du transfert le plus attendu de la saison

Lewis Hamilton a apporté une nouvelle dynamique à son écurie Mercedes-AMG. Son rythme en course fut régulier. Les observateurs auront vibré lors de son combat avec la Ferrari d’Alonso, alors qu’il était en lutte pour le podium. Sa cinquième place le satisfait amplement, il a assurément le temps d’espérer mieux cette année !

Crédit photos : site officiel du championnat du Monde de Formule 1

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