Interview du GP de Pau Historique 2013 (3/3)

L’an passé, Culture Sport avait sorti les grands moyens pour couvrir le Grand Prix de Pau Historique. En ce début du mois de mai, nous rééditons notre travail. Au programme : trois rencontres avec des propriétaires d’anciennes Formule 1. Vous allez voir par vous-même qu’ils ont de belles histoires à raconter. Dernière entrevue avec l’Anglais Alexander Boswell, qui nous parle avec passion de sa monture italienne !

P1030467Débutons d’entrée de jeu par la question qui me taraude les lèvres : concourez-vous avec la voiture ayant appartenu à Maurice Trintignant, pilote français vainqueur du Grand Prix de Monaco 1955 ?
Oui bien sûr ! N’oubliez pas que cette monoplace a également appartenu à l’Italien Alberto Ascari (champion du monde de F1 en 1952 et 1953). Il a participé au Grand Prix de Pau 1952 avec cette Ferrari, et il a remporté la course ! C’est donc une voiture qui a été conduite par deux pilotes renommés.

Il me semble que l’histoire de cette Ferrari est unique : pouvez-vous la récapituler pour nos lecteurs ?
C’était au départ la machine d’usine N°3 en 1952-53. A cette époque, la dénomination de la voiture était « 500 » et elle n’avait que 2 litres. En ces années-là, la Scuderia a écrasé la concurrence, elle dominait les débats. Pendant les années 1954 et 1955, les organisateurs du championnat du monde ont changé la Formule : les voitures avaient désormais un moteur de 2,5 litres. C’est durant cette période que le Français Maurice Trintignant a conduit la Ferrari.

Vous êtes le propriétaire de nombreuses anciennes voitures de course ; pourquoi avez-vous spécialement choisi cette voiture pour le GP de Pau Historique ?
Je suis très chanceux d’avoir d’autres machines que celle-ci, mais j’entretiens une relation spéciale avec cette Ferrari. Elle m’a trouvé en quelque sorte. En effet, elle provenait d’une collection vendue aux enchères en Floride. Je suis allé la voir alors qu’il n’y avait plus que quelques heures avant la fin de la vente. J’étais persuadé que cette pièce de collection était intéressa nt, mais je ne savais pas encore pourquoi. J’ai pensé que c’était un projet intéressant de restauration. J’en ai fait l’acquisition, puis je l’ai ramené en Angleterre. A cette période-là nous nous sommes attachés à découvrir le passée de cette Ferrari. Nous avons réalisé une longue enquête, constituée de nombreuses demandes de renseignements. A cet instant, nous ne savions rien de Trintignant, c’est dire si la tâche s’annonçait ardue. C’est seulement durant la restauration en elle-même que nous avons eu la preuve formelle de son appartenance à Trintignant.

P1030486Justement, comment avez-vous eu cette preuve ?
Au moment où nous allions inspecter le chassis mis à nu. Avant d’effectuer cette opération délicate, j’ai noté une plaque soudée à la coque. Un nombre y était inscrit : 0482. J’ai pensé qu’il devait peut-être y avoir une autre inscription en dessous car c’était une plaque assez massive. Normalement, le chiffre trois aurait dû être écrit. Or ce n’était pas le numéro trois comme prévu ; mais le numéro deux. Je fus très surpris ! Mais ce n’est pas fini. Une troisième et dernière plaquette se cachait. Elle comportait le chiffre trois. Tout cela signifie que la voiture a commencé sa carrière avec le numéro trois, qui s’est transformé en deux en devenant une machine officielle de la Scuderia pour terminer avec le 0482 lorsque l’écurie Ferrari s’en est séparée.

Quelle histoire ! Au fait, comment saviez-vous que le chiffre deux correspondait à la monoplace de Trintignant ? Il n’était pas le seul à piloter cette voiture dans les années 50…
En 1955, un reporter britannique a inscrit sur un carnet toutes les références techniques des machines concourant au GP de Monaco. Et il a écrit dans la partie Ferrari : « Trintignant, chassis N°2 ». C’est ainsi que nous avions la preuve définitive. Comme vous pouvez le voir, ce fut une expérience et une découverte fantastiques !

P1030473Revenons en 2013 et au Grand Prix de Pau Historique. Que ressentez-vous lorsque vous entrez sur la piste ; un peu de nervosité ou juste de l’impatience ?
Je pense que c’est un circuit très excitant ; j’aime les tracés en ville car ils ont gardé une atmosphère. J’adore la ville de Pau dans son ensemble mais aussi et surtout la nature de cette piste. Technique est l’adjectif adéquat. Il faut piloter de manière très précise. Ce tracé récompense le pilotage au cordeau. Cependant, si jamais vous commettez une erreur, cela peut être douloureux pour la voiture ou bien pour le conducteur. Il faut donc rester précautionneux. Lorsque je rentre sur la piste, je garde à l’esprit que je vais avant tout profiter de l’instant présent. Je ne vais pas jouer aux héros, afin de ramener la machine en une seule pièce.

Illustration vidéo de la victoire de Trintignant au Grand Prix de Monaco 1955

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