Froome est-il dopé?

le-britannique-christopher-froome-avec-le-maillot-jaune-du-t_1190377À chaque mois de juillet ses suspicions de dopage. Alors que les coureurs faisaient leurs valises pour la Corse, de vieilles affaires ressortaient des archives. Au sortir de la Grande Boucle, la commission d’enquête du Sénat divulguera de nouveaux noms associés à la triche. Entre temps, les médias s’interrogent sur les performances du maillot jaune. Ces craintes sont-elles fondées ? Culture Sport a tenté d’y voir plus clair…

L’ombre d’Armstrong

Les discours prometteurs de Christian Prudhomme ne peuvent rien changer, le Tour de France cicatrise mal ses blessures. Les générations antérieures saupoudraient leurs pâtes avec des pilules d’EPO. Le temps que les techniques de détections s’améliorent, les années 2010 souffrent – et souffriront encore – des erreurs du passé. La faute à Lance Armstrong diront certains. Oui, le Texan a pourri la fête durant sept ans. Mais il n’est pas le seul à pointer du doigt : sans évoquer les pots de vins avec Verbruggen et Mac Quaid, c’est pratiquement tout le peloton qui jouait aux apprentis sorciers. Et ne vous lamentez pas sur les dernières décennies, les tricheurs ne datent pas d’hier ! Indurain n’a jamais été contrôlé positif, mais gagner le Tour avec quatre-vingt kilos relève de l’irréel. Anquetil affirmait s’être dopé, « comme tout le monde » et Tom Simpson en est la triste preuve. Celui qui s’y refusait pouvait oublier les résultats, la gloire, l’argent. Grâce aux analyses anti dopantes, les tricheurs sont – en principe – coincés, dans la foulée de leurs exploits inexplicables ou bien plus tard. Car ces pseudos champions ne recherchent pas uniquement l’escalade du dopage, quitte à risquer leur santé. Soutenus par des laboratoires et médecins fantômes, ils ont une longueur d’avance sur l’AMA. L’agence mondiale ne découvre les nouveaux produits que quelques années après l’instauration dans les pelotons. Ce fût le cas avec l’EPO, puis du CERA. On évoque souvent l’AICAR, actuellement indétectable. Ce poison améliore les performances, mais diminue l’espérance de vie de 30% ! Les coureurs oseraient-ils en ingurgiter ? Peut-être, mais le passeport biologique est là pour surveiller les anomalies.

Froome : une domination qui dérange

Au temps d’Armstrong, l’écart séparant l’Américain à son premier dauphin était énorme. A fortiori, les différences diminuent au fil du temps, passant de deux heures avant la guerre à huit secondes en 1989. Depuis la retraite du Texan, un certain équilibre est réapparu. Même le sulfureux Contador n’a assuré d’une telle façon son maillot jaune. Il est évident que les performances de Froome sont déstabilisantes : en deux temps (Ax 3 Domaines et le Mont-Saint-Michel), il a distancé le deuxième à trois minutes et demie ! Une telle domination laisse planer le doute, d’autant plus qu’un tel écart entre deux coureurs n’est pas observable dans les profondeurs du classement. Comment interpréter cette différence de niveau ? Soit Chris Froome se dope, comme le pense Antoine Vayer. L’ancien médecin de la Festina estime qu’un développement de 450 watts dans la montée d’Ax 3 Domaines est catalogué comme « mutant ». En attendant les résultats futur de ses contrôles anti-dopage effectués chaque soir, le doute est de mise. Mais Fred Grappe, spécialiste des performances sportives chez FDJ.fr relativise les propos de Vayer : ce dernier ne prend en compte que le temps de montée, omettant d’autres paramètres tels que la qualité du revêtement, du cycle, de la résistance à l’air, etc… De plus, le vent était particulièrement favorable. Toutefois, Grappe estime que l’ascension de Froome est possible, « à la limite physiologique »… sans effort au préalable. De quoi effrayer les plus optimistes, ceux qui ont gardé le moral malgré les nombreuses mauvaises surprises d’antan.

Sky, une vraie révolution ?

Néanmoins, nous ne pouvons pas accuser Froome sans certitude. Lequel domine chaque épreuve auquel il prend part depuis le début de saison, comme Wiggins le fit un an plus tôt. Les Sky, précurseurs des entraînements en haute altitude, débarquaient dans le grand cirque avec l’ambition de « révolutionner le cyclisme ». Munis de combinaisons et de cycles ultra-modernes, les courses à étapes ne leur font guère défaut. Seuls la Vuelta 2012 et Tirreno 2013 ont échappés aux hommes en noirs. Sur l’épreuve ibérique, Froome – dans la foulée du Tour de France – succombait à la fatigue. Quant à la course entre deux mers, il est tombé simplement sur plus fort que lui : Vincenzo Nibali. Lequel vient de dominer un Giro sans concurrence. Est-ce la médiatisation moindre de la course transalpine qui a masqué les craintes envers le sympathique Astana ? En d’autre mot, le Tour de France, sur-médiatisé, n’est-il pas victime de son succès ?

About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

There are 2 comments

  1. MR BEAN

    bonjour
    c’est pas grave si froome est dopé pour ce tour 2014 car dans 7 ou 8 ans il se retrouvera les doigts pris dans le pot de confiture et comme lance ou d’autres tricheurs se retrouvera le cul plein de merde et la honte pour le restant de ses jours…

    LE TOUR NE MOURRA PAS !!
    …et on continuera de regarder avec toujours autant de passion « THE TOUR DE FRANCE 2014 »
    Il est aussi assez interessant de se dire que hormis les 5 ou 6 premiers (mutants)du classement final du tour de France,les autres ne sont pas(ou peu) dopé donc on peut sans « trop » se tromper établir un VRAI CLASSEMENT pour de VRAI cyclistes/sportif en regardant les seconds couteaux et en éliminant les brebis(moutons dopés) galeuses et leurs médailles en chocolat …

    ps( spécial dédicace a GÉÉRRARD ) :
    vive le sport,OUI,mais …à mort le dopage.

  2. MR BEAN

    non … tout le peloton du tour n’est pas dopé.Ne vous laissez pas « tromper » par ce type d’affirmation facile …car ceci est un raccourci pour discréditer l’ensemble des sportifs/cyclistes au profit de quelques tricheurs et ainsi leur enlever toute « culpabilité » !
    c’est comme dire qu’en politique : « ILS SONT TOUS POURRIS »
    celà est faux aussi …

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