La Belgique cycliste dans le doute

1002441_544660028925523_123988953_nNe vous fiez pas aux apparences glorieuses d’un Jan Bakelants maillot jaune, cet événement cache une inquiétude grandissante dans le cyclisme belge : seulement dixième nation au classement World Tour, le plat pays risque de n’aligner que six coureurs lors des prochains championnats du monde à Florence. Une petite catastrophe pour les tenants du titre…

Inversion des tendances

Entre les deux guerres mondiales, la Belgique dominait le cyclisme de la tête et des épaules. Puis, l’hégémonie fût partagée avec les Français, les Italiens et plus récemment les Espagnols. Les nations traditionnelles que sont l’Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas ont également eu droit à leurs moments de gloire. Mais les temps changent. L’UCI, dans sa quête d’une mondialisation de son sport, voit de nouvelles contrées éclore. L’ancien bloc de l’est se découvre des pépites telles Sagan ou Kwiatkowski. La Grande-Bretagne, autrefois discrète dans le milieu, se mue en spécialiste des grands tours. Enfin, la Colombie renoue avec ses grimpeurs de poche pour former une génération tonitruante. Ces nouveaux arrivants engendrent un recul des performances chez les figurants classiques et la Belgique en souffre particulièrement. En quelques mois, le Royaume a dégringolé dans la hiérarchie mondiale. Quatrième l’an dernier du classement World Tour, elle ne cesse de régresser, échouant en dixième position actuellement. Au-delà de l’honneur, la situation pose un véritable problème : seules les dix premières nations seront nanties de neuf unités lors des prochains mondiaux à Florence. Un avantage indéniable pour contrôler la course et accroître les chances de victoire. Au sortir du Tour de France, la Belgique est –encore – descendue d’un échelon. À l’aube de la Classica San Sebastian et du Tour de Pologne, une réaction est impérative. Car c’est au 15 août que l’UCI attribuera les tickets pour la Toscane et ses championnats du monde.

Deux êtres vous manquent…

Comment cette nation emblématique, championne du monde en titre, s’est embourbée dans les profondeurs du classement ? La faute à pas de chance ! Les deux stars du pays, Tom Boonen et Philippe Gilbert, ont régulièrement offert des succès de renoms à leurs compatriotes. Quand l’un est en méforme, l’autre réalise des exploits, et inversement. Mais cette année, le Flamand a conjugué  soucis de santé et chutes durant sa campagne flandrienne. Quant au Wallon, il n’a jamais été à cent pour cent de ses capacités. Et la constance de Van Avermaet au plus haut niveau n’y changera rien. Il faut remonter à 1945 pour que le palmarès printanier soit dispensé de Belges. Le Tour de France proposait une session de rattrapage aux examens de Pâques. On pensait que Bakelants allait relancer la dynamique. Mais Van Den Broeck s’est étalé sur le bitume montpelliérain tandis que De Gendt n’a que très rarement satisfait le public. À l’heure des comptes, la Belgique a ramassé les miettes. Certes, Monfort a couvert un beau mois de juillet, mais une quatorzième place finale est insuffisante. De Clercq a prouvé ses capacités en montagne, mais le travail effectué en plaine pour Greipel l’a bridé.

Qui pour suppléer ?

La Belgique joue de malchance, certes. Mais un problème s’observe : en l’absence de Boonen et Gilbert, la Belgique faiblit dans la cour des grands. L’hégémonie de ces deux coureurs a masqué le manque de talents. Le récent Tour de Wallonie a souri à Olivier Chevalier et Laurent Evrard, tous deux issus de la cellule de formation wallonne, composées de deux équipes continentales. Dans le nord du pays, Topsport Vlaanderen fait toujours un excellent boulot. Bakelants et De Gendt en proviennent. De Vreese, Wallays et Van Asbroeck devraient en tirer profit d’ici peu. Il y a aussi Jasper Stuyven qui fait des prouesses chez Bontrager. Mais cette jeunesse pourra-t-elle concurrencer les pays émergeants ? Que faire face à un Sagan qui n’a que vingt-trois ans et qui dominera les classiques pendant une dizaine d’année ? Comment contourner les Colombiens en montagne ? Car ceux-ci sont tous précoces, et leur domination peut s’éterniser durant une décennie. Dans ce cas, la Belgique ne sera pas la seule à en subir les conséquences. Ce sont les nations traditionnelles qui sont en train de basculer !

Crédit photo : Amélie Croguennec – Culture Sport

About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

Laisser un commentaire