Une journée au Grand Prix de Plumelec 2014

Notre jeune rédacteur Dylan s’est rendu au Grand Prix de Plumelec le week-end dernier. Avec son accréditation, gracieusement accordée par l’organisation, il a ainsi pu se glisser dans la peau d’un journaliste. Voici le récit de sa journée au milieu du peloton, du nombreux public de passionnés et des suiveurs.

Samedi 31 mai s’est déroulé le Grand Prix de Plumelec, la dixième manche de la Coupe de France de cyclisme 2014. Une épreuve importante donc puisque trois coureurs se tiennent dans un mouchoir de poche au classement  avant la course : Julien Simon de la Cofidis en tête avec 107 points (vainqueur en 2012), Bryan Cocquard (Europcar) deuxième avec cent unités et Samuel Dumoulin (Ag2r La Mondiale) troisième avec quatre-vingt points (tenant du titre de la Coupe de France et du GP de Plumelec). Sachant qu’une victoire rapporte cinquante points, Plumelec est donc une course à enjeux…

C’est donc sous un beau soleil que va se dérouler la course. Plumelec, c’est un grand rendez-vous populaire : en effet, des milliers de spectateurs se massent dans la petite commune morbihannaise (2700 habitants !) et dans la célèbre côte de Cadoudal, au sommet de laquelle se trouve la ligne d’arrivée. C’est donc une belle fête populaire qui vit grâce à une armée de bénévoles. Plumelec et le cyclisme c’est une longue histoire d’amour. Il y a eu des arrivées du Tour comme le prologue victorieux de Bernard Hinault en 1985. Pour la petite histoire, les amateurs peuvent se mesurer au chrono du Breton le vendredi afin lancer idéalement les trois jours de festivités : ils s’élancent un à un et sont chronométrés. Nous pouvons également citer la victoire du sprinter allemand Erik Zabel en 1997 et la victoire de l’espagnol Alejandro Valverde lors de la première étape de la Grande Boucle 2008, prenant ainsi le Maillot Jaune.

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La journée commence tôt avec la course dames comptant pour la Coupe de France féminine et qui s’ouvre pour la première fois à l’international avec la présence d’équipes étrangères. Le public arrive en masse au fil de la course : on vient en famille, entre amis pour passer du bon temps. C’est la française Audrey Cordon de la formation Hitec Products qui s’impose devant sa coéquipière italienne Elisa Longo Borghini et Charlotte Bravard de la formation Poitou-Charentes Futuroscope. Elles sont félicitées par David Lappartient qui détient un CV long comme le bras ! Il est présent à Plumelec en tant que directeur de l’organisation, président de la Fédération Française de Cyclisme (FFC), de président de l’Union Européenne de Cyclisme (UEC), vice-président de l’Union Cycliste Internationale (UCI) aux cotés de Brian Cookson et en tant que conseiller général du Morbihan !

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C’est un protocole réglé à la minute. Les cars des équipes masculines arrivent moins d’un heure avant le départ. Par rapport à l’an dernier, j’ai eu plus de mal à interviewer. En effet, il y avait beaucoup plus de monde près des bus et les coureurs sont restés à l’intérieur plus longtemps. Je n’ai pas pu approcher la vedette de la course : Thomas Voeckler. C’était littéralement l’émeute autour du bus Europcar, incroyable !

Le manager de la FDJ.fr, le célébrissime Marc Madiot, avec sa gouaille habituelle me dit qu’il faut prendre les échappées. Ils détiennent quelques cartes maîtresses : Pierrick Fédrigo, Geoffey Soupe ou encore Benoit Vaugrenard, le Vannetais, venu en famille. En s’arrêtant vers le bus Ag2r La Mondiale, très populaire autour de son dossard numéro un, Samuel Dumoulin, j’interroge Alexis Gougeard, une pépite ! Néo-pro cette saison, il a enlevé cette saison une manche de la Coupe de France : la Classic Loire Atlantique. Il a l’air d’un calme et d’une confiance incroyable. Je l’interroge et il m’explique qu’Ag2r a tourné son équipe autour de Dumoulin mais qu’ils vont essayer de prendre l’échappée. Il m’indique également qu’il a fait un stage avec sa formation dans les Vosges et qu’il est en grande condition. Je vais garder un œil sur lui pendant la compétition. Je croise aussi le revenant marseillais Rémy Di Gregorio, Romain Feillu, Jean-Christophe Péraud ou encore Julien Simon, un favori. Europcar arrive aussi en forme avec la jeune terreur du sprint français : Bryan Coquard. Il y a aussi les puncheurs Cyril Gautier et Voeckler. Aucun doute : Europcar va animer la course !

A 12h00, l’appel des coureurs est effectué sur le podium par Daniel Mangeas. 12h40, les coureurs se placent sur la ligne de départ. Avec mon accréditation, j’ai le privilège d’être sous le portique de départ en compagnie d’autres journalistes. Les médias locaux sont évidemment présents (Le Télégramme, Ouest-France, France 3 Bretagne) tout comme les médias nationaux (L’Equipe, Eurosport). Je peux apercevoir la nervosité des coureurs : ils vérifient leurs vélos, ils regardent si leurs chaussures sont bien attachées : moment de tension. A 12h45, le départ est donné.

départ

Très vite, la course se décante. A l’issue d’un grand tour de cinquante kilomètres, dix hommes se détachent. Au sein du groupe de tête, il y a du potentiel : pour la Cofidis, on retrouvait Yoann Bagot, pour Wallonie-Bruxelles Olivier Chevalier, Julien Duval et Rudy Kowalski représentaient Roubaix-Lille Métropole, pour Differdange-Losch c’est Gediminas Kaupas qui s’est glissé à l’avant, imité par Yoann Paillot de La Pomme Marseillaise 13, Pierre-Henri Lecuisinier de la formation FDJ.fr et Alexandre Pichot d’Europcar. L’équipe Bretagne Séché Environnement, qui évoluait à domicile avait envoyé le norvégien Vegard Stake Laengen en éclaireur. Mais à ma grande surprise on retrouvait également… Alexis Gougeard en tête ! Il s’est échappé le néo-pro !

echappée

Néanmoins, le peloton se méfie de cette échappée fleuve : l’écart n’atteindra jamais plus de deux minutes et vingt secondes. Le peloton est amené par BigMat-Auber 93. Certains coureurs lâchent prise. A soixante kilomètres de l’arrivée, un contre s’organise avec Frédéric Brun (BigMat-Auber 93), Kevin Suarez (Differdange-Losch) et Matteo Gozzi (Nankang-Fondriest). Ils seront rapidement revus par le peloton.

Il reste encore vingt bornes et le groupe de tête souffre. Alexis Gougeard accélère accompagné par Laengen. Le français est impressionnant. Il m’épate et me paraît encore frais. Il attaque de nouveau ! A l’arrière, dans le peloton, on souffre. Anthony Geslin (FDJ.fr) et Bryan Coquard (Europcar) un des outsiders, sont également lâchés. Dans la formation Europcar, on va tout miser sur Voeckler qui a l’air très en forme.

C’est l’arrivée. Dernière ascension de Cadoudal. Le peloton se casse en plusieurs unités. Le peloton des favoris est composé d’une trentaine de coureurs. Julien Simon, parfaitement emmené par la Cofidis et notamment par l’espagnol Luis Angel Maté, s’impose. Son fini équipier termine deuxième et le jeune Armindo Fonseca (Bretagne-Séché Environnement) monte sur la troisième marche du podium. Grâce à sa victoire, sa première en Coupe de France cette année, Julien Simon consolide sa place de leader au classement individuel.

Culture Sport Julien Simon

Pour moi, la révélation de cette course est Alexis Gougeard. C’est un battant, une jeune pépite de plus dans la besace de Vincent Lavenu. Vous imaginez que j’étais à peine étonné quand j’ai appris qu’un certain Gougeard s’imposait le lendemain dans les Boucles de l’Aulne (comptant également pour la Coupe de France).

Crédit photos : Dylan Pastor/Culture Sport, page Facebook officielle de l’équipe Cofidis

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