Grand Prix de Hongrie : le baromètre

Il n’avait plus gagné depuis le mois de mars. Sebastian Vettel a enfin renoué avec la victoire en Hongrie, où il s’est imposé pour la toute première fois de sa carrière. Au classement général des pilotes, le quadruple champion du monde a profité de la contre-performance de Nico Rosberg (huitième) pour réduire l’écart sur son compatriote.

En hausse

Les pilotes Ferrari

Après les Williams à Silverstone, c’est au tour de la Scuderia Ferrari de perturber l’ordre établi au Hungaroring ! Sur un tracé réputé pour l’ennui qu’il délivre lorsque la météo ne fait pas des siennes, les monoplaces rouges ont redonné de l’intérêt à une saison qui s’enfonçait lentement dans la léthargie. En effet, lorsque Vettel pointe le bout de son nez en tête de course, c’est la corde sensible qui résonne chez les passionnés du Cheval Cabré. Mais, tandis qu’en Malaisie, la stratégie des Rouges leur avait permis de l’emporter, c’est tout simplement une meilleure attitude au départ et une bonne gestion du rythme qui ont assuré ici une seconde victoire en 2015. Un succès qui aurait pu s’associer à un doublé, avec Räikkönen qui filait vers la deuxième place ; hélas, un dysfonctionnement du MGU-K (système de récupération d’énergie au freinage) le forçait à abandonner lors des derniers tours. Un résultat blanc bien dommage quand on sait que le Finlandais est l’objet de toutes les rumeurs concernant une éventuelle sortie de l’équipe à cause de sa saison en dents de scie.

Son camarade de garage a confirmé qu’il était le trouble-fête parmi les Mercedes, grâce à un envol autoritaire et une course gérée de main de maître. Gérée mais pas dominée car Vettel a dû surveiller ses rétroviseurs suite au retour de Rosberg (Mercedes-AMG, 8ème) et Ricciardo (Red Bull, 3ème) après la neutralisation. Le quadruple champion du monde s’est donc employé pour glaner sa quarante-et-unième victoire de sa carrière, rejoignant ainsi Ayrton Senna au palmarès des Grands de la F1 !

Les pilotes propulsés par Renault
Les pilotes ont arboré l'autocollant Ciao Jules en mémoire de J.Bianchi

Les pilotes ont arboré l’autocollant Ciao Jules en mémoire de J.Bianchi

Il n’y a pas de raison à être quelque peu chauvin quand les résultats sont là ! Trois moteurs Renault dans le Top 4, c’est du jamais-vu cette saison. Certes, les circonstances de course ont bien aidé la réalisation de cette statistique, mais il faut souligner les bonnes aptitudes des châssis Red Bull et Toro Rosso sur le tourniquet hongrois. Le vainqueur du jour n’hésitait d’ailleurs pas à expliquer son inquiétude vis-à-vis des voitures au Taureau Rouge la veille. Ce n’est pas un hasard si Red Bull enregistre sa meilleure performance d’ensemble à Budapest : rappelons que déjà à Monaco, les RB11 avaient monopolisées les quatrième et cinquième rangs. L’écurie autrichienne est donc à l’aise sur les circuits sinueux et ne réclamant qu’une faible vitesse de pointe.

Leurs pilotes aussi se sont montrés à leur avantage. Daniel Ricciardo s’est rappelé au bon souvenir de tous après quelques épreuves en demi-teinte. L’Australien, adepte du freinage tardif, a réussi une audacieuse manœuvre sur Hamilton avant de fondre sur Rosberg durant son ultime assaut. Une attaque qui se solda par un contact avec son adversaire et un changement d’aileron. Cet incident de course a fait les affaires de son camarade russe Daniil Kvyat, qui a inscrit son premier podium de sa jeune carrière (2ème). Il n’a pas été des plus éblouissant en Hongrie, mais plutôt constant ; une qualité qui lui sied bien depuis qu’il n’est plus la proie de soucis de fiabilité.

Du côté de l’écurie cadette, le détonnant Max Verstappen a gardé la tête froide dans la chaleur hongroise. Le Hollandais, qui s’apprête à passer son permis de conduire, a oublié ses cours théoriques en écopant d’une pénalité de passage aux stands pour vitesse excessive derrière la voiture de sécurité. Heureusement la pratique du pilotage n’a souffert d’aucune contestation, en atteste son arrivée au pied du podium. Une joie chez les mécaniciens Toro Rosso qui rappelle les coups d’éclat d’un certain Sebastian Vettel en 2007-2008…

En baisse


Les pilotes Mercedes-AMG
N.Rosberg de retour aux pits après sa crevaison avec Ricciardo

N.Rosberg de retour aux pits après sa crevaison avec Ricciardo

Mais quelle mouche a piqué Lewis Hamilton ? On ne l’avait plus vu aussi brouillon depuis sa période McLaren ! Sa domination en essais (plus d’une demi seconde devant Rosberg) laissait présager d’un cavalier seul le lendemain. Or, et c’est pour ça que l’on aime la F1, la machine s’est enrayée de manière surprenante ! Auteur d’un envol laborieux comme à Silverstone, le double champion du monde a confondu vitesse et précipitation en passant dans le bac à graviers quelques virages plus loin. Reparti en dixième place, l’Anglais a aligné les chronos canons pour remonter sur la tête de course. La fin de course pouvait s’apparenter à des montagnes russes : touchette avec Ricciardo, changement de museau, puis remontée d’enfer pour glaner quelques points (6ème) et stopper l’hémorragie par rapport à Rosberg. Ce dernier avait une occasion en or de revenir dans le sillage de son rival, lui qui se dirigeait vers un podium. Hélas son contact avec la Red Bull entraîna une crevaison et une chute au classement (8ème) ! En un virage, la physionomie du championnat avait changé du tout au tout. Lewis Hamilton augmente ainsi son avance de quatre points alors qu’il semblait perdre une grosse dizaine d’unités sur le vice-champion 2014. Une chose est certaine : le moindre faux-pas d’une des Flèches d’Argent coûtera cher à l’avenir, tant la compétition est serrée !

Pastor Maldonado (Lotus)

Oui, nous aurions pu parler de la contre-performance des Williams, arrivées hors des points. Mais franchement, quoi de plus amusant que de rappeler le feu d’artifice de pénalités du côté du pilote Lotus ? Pastor Maldonado a reçu une pénalité de passage aux stands après avoir doublé Stevens (Manor, abandon), mais pendant qu’il purgeait sa peine, il écopa d’une punition identique pour vitesse excessive dans les stands ! Il expédia Pérez (Force India, abandon) hors de la piste en guise de conclusion, ce qui lui valut une troisième (!) sanction. Attendons la rentrée à Spa pour voir si le Vénézuélien aura chassé ses démons…

Medhi Casaurang. Crédits photos : Getty Images, page Facebook de Ferrari et GPUpdate.

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