« J’ai reçu énormément de messages, mails et coups de téléphone »

RUGBY AMATEUR. Après avoir publié la première partie de l’interview de Mathieu Rousset hier, place désormais au second acte. En compagnie du réalisateur du webdoc En vert et contre tous, nous revenons sur la diffusion du film auprès des fidèles et joueurs du Peyrehorade Sport Rugby mais aussi sur le fameux groupe de supporters Green Army, sur le fonctionnement de la communication dans un club de Fédérale ainsi que sur ses éventuels futurs projets.

cultureSPORT Peyrehorade projection documentaire

cultureSPORT : Comment a été accueilli ton film après sa diffusion auprès des joueurs et des supporters, au cinéma de Peyrehorade ?

Mathieu Rousset : Franchement je t’avoue, ça a été un moment ultra intense pour moi ! D’habitude quand je lance un projet ou une campagne de communication, je le fais depuis mon ordinateur à mon bureau, donc je n’ai pas les réactions directes des gens qui découvrent la vidéo ou le contenu qui est diffusé. Là, c’était complètement différent car il y avait environ 200 personnes qui ont découvert le film en même temps. C’était donc à la fois stressant mais aussi intéressant. J’ai quasiment passé les 56 minutes à regarder les visages éclairés par l’écran dans la salle pour essayer de capter les sentiments. Et au final ça s’est super bien passé car les spectateurs ont réagi aux différentes émotions que j’ai voulu faire passer. Pour les moments drôles avec par exemple la parodie du Koh Lanta les gens ont bien rigolé et quand les lumières se sont allumées à la fin, la plupart des gens qui sont venus me donner leurs impressions avaient les yeux rougis par le fait de revivre le moment de tristesse final. L’accueil a donc été vraiment génial d’autant plus que le club avait organisé une réception avec les spectateurs au club house. Cela m’a permis de bien échanger avec tout le monde. Depuis j’ai reçu énormément de messages, mails et coups de téléphone de gens proches du club comme d’amateurs de sport qui ont été touchés donc c’est top !

cultureSPORT Peyrehorade supporters Gruissan

Plusieurs centaines de supporters en train de chanter et de scander leurs noms ça ne laisse pas insensible… D’ailleurs plusieurs joueurs ont versé quelques larmes. Pour y être passé au milieu en filmant, c’était compréhensible !

cultureSPORT : La Green Army est unique en son genre dans le rugby amateur ? Les supporters se sont déplacés à deux reprises à Guissan. On l’a vu dans le doc, les joueurs étaient vraiment très émus à leur descente du bus.

Mathieu Rousset : Je ne sais pas si elle est unique dans le rugby amateur car c’est habituel de voir un village ou une ville suivre son équipe au printemps quand elle est en phase finale… Mais néanmoins, c’est sûr que de par le nombre de personnes, leur investissement et l’ambiance qu’ils ont mis lors de ces deux matchs, c’était vraiment impressionnant ! Le fait que les supporters se déplacent encore plus nombreux pour la deuxième demie a également été incroyable. Cela représentait un coût d’aller jusqu’à Gruissan, mais ils ont montré qu’ils étaient malgré tout derrière les joueurs et ces derniers s’en sont bien rendu compte. La descente du bus avec la haie de supporters sur 100 mètres était le moment que les joueurs appréciaient le plus mais c’était aussi celui qui leur faisait le plus monter l’émotion. Plusieurs centaines de supporters en Vert et Blanc, avec le casque de la Green Army, en train de chanter et de scander leurs noms ça ne laisse pas insensible… D’ailleurs plusieurs joueurs ont versé quelques larmes. Pour y être passé au milieu en filmant, c’était compréhensible !

cultureSPORT : Tu participes activement à la communication du Peyrehorade Sport Rugby. On a parfois l’impression que certains autres clubs amateurs auraient parfois tendance à badiner cet aspect-là par choix ou parce que les moyens financiers ne sont pas suffisants. Partages-tu cette analyse ? Et en quoi est-ce crucial selon toi de mettre en avant un club de Fédérale ?

Mathieu Rousset : Après mon passage à la communication de l’US Dax, j’ai travaillé en tant que salarié pendant un peu plus d’un an au Peyrehorade Sport Rugby. J’y ai développé d’un côté la partie commerciale avec recherche de partenariat, et de l’autre côté toute la partie communication. Cela m’a permis de constater que les deux parties étaient complètement liées.

cultureSPORT Peyrehorade Jeff DuboisTout d’abord, il faut remettre les choses dans leur contexte. Un club amateur ne bénéficie pas d’une médiatisation très développée, c’est un fait. En Fédérale par exemple, nous avons tout juste un article dans la PQR (Presse Quotidienne Régionale) et dans la presse spécialisée (Midol) pour annoncer le match en fin de semaine et donner le compte-rendu le lundi. Pour aller chercher du partenariat c’est donc compliqué car les entreprises savent qu’elles auront peu de retour sur investissement ou pourront difficilement développer leur visibilité. C’est sûr que c’est bien d’avoir son nom sur un maillot car le sponsor capitalise sur une image locale et sur l’aide à une association, mais clairement cela reste du mécénat. En regardant un peu le recrutement ces dernières années des différents clubs de Fédérale 1 et 2 voire même 3, on se rend compte que c’est la course à l’armement avec des joueurs venant d’équipes espoirs, de centres de formation voire même de l’effectif des clubs professionnels.

Il faut donc que ces clubs commencent à réfléchir en ayant une approche de plus en plus professionnelle pour tenir la route. C’est donc tout l’intérêt pour ces associations de développer leur communication, ou au moins des supports diffusables sur lesquels les entreprises partenaires vont être mises en valeurs, car cela permet au club de prouver que l’investissement de l’entreprise n’est pas à fonds perdu. A Peyrehorade nous avons développé un système de newsletters bihebdomadaires reçues par environ 800 personnes ainsi qu’à l’époque, une web TV avec les résumés de matches et tous les autres projets vidéos qui permettent de mettre en avant le club mais aussi ses partenaires. Tous les supports étaient digitaux et donnaient la possibilité de bénéficier d’outils statistiques (nombre de vues, taux d’ouverture, articles de presse) qui crédibilisaient l’effort de l’entreprise.

En conclusion, il ne faut pas voir la communication comme une charge mais comme un investissement et réfléchir à créer un cercle vertueux dans lequel tout le monde est gagnant : le club et l’entreprise partenaire qui y associe son image.

cultureSPORT : Si Peyrehorade parvient à se qualifier à nouveau pour le tableau final de Fédérale 2, y aura-t-il une suite, un deuxième acte de prévu ? Quels sont tes futurs projets ?

Mathieu Rousset : Pourquoi pas ! En espérant que ça se finisse pas une victoire cette fois mais ce sera compliqué car il y a quand même de gros morceaux en Fédérale 2… Mais bon, les Vert et Blanc ont réalisé une bonne première moitié de championnat en se plaçant sixième à seulement trois points de la quatrième place qualificative pour les phases finales, donc tout est encore possible.

cultureSPORT : Quels sont tes futurs projets ?

Mathieu Rousset : Je viens de terminer mes interventions auprès des étudiants en marketing digital du sport de l’ESC Pau, à qui j’avais donné des cours théoriques et avec qui je coordonnais depuis plus de deux mois un projet tutoré de mise en place de stratégies auprès de l’Elan Béarnais Pau-Orthez, du Pau FC et une application sportive nommée Bouge Ton Luc. A côté de ça, je suis aussi reparti sur mon travail habituel de réflexion stratégique en marketing et communication digitale pour mes clients et les entreprises qui font appel à mes services.

Et enfin, je suis en train de fonder, avec deux autres structures spécialisées dans le développement web et la production de vidéo, un collectif nommé Le LABO qui sera basé sur le BAB. En effet, on s’est rendu compte que seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin, ce qui est aussi le cas dans le sport. Donc partant de ce constat, on s’est dit que ce serait bien de fédérer sous une même bannière des profils d’experts compétents et passionnés par leur métier, pour répondre plus efficacement et de manière globale aux besoins et problématiques des entreprises locales en matière de communication, de développement web et de marketing digital. Cela permet une capacité de réflexion plus poussée et un champ d’action multiplié par l’apport de chacun dans la conduite des projets de nos clients. L’année 2016 s’annonce intense !

Propos recueillis par Nicolas Gréno. Merci à Mathieu Rousset pour sa collaboration. Crédits photos : Mathieu Rousset.

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac’ @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l’UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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