L’Aviron en apprentissage face à un Racing déjà rôdé

Ce jeudi 11 août, dans le cadre du dernier match de préparation du « Baionan Rugby Tour », l’Aviron Bayonnais s’est incliné contre le Racing 92 (14-29). Un apprentissage nécessaire avant la prochaine épreuve du feu contre Toulon, le dimanche 21 août à 18h15.

– 20h00, le coup d’envoi est donné- Dès les premières minutes, le Racing 92 impose à l’Aviron, sa puissance et sa rigueur défensive. Une pénalité sur ballon non-lâché sur la ligne des 40 bayonnais, permet à Dan Carter d’ajuster son coup de pied dans les 22. Un lancer recupéré par le deuxième bloc de saut parisien enclanche la formation d’un maul. La défense bayonnaise ne peut rien faire et subit un essai collectif rondement mené.

« L’explosivité des centres parisiens a créé de nombreux décalages »

Les renvois haut dans le champ profond du numéro 10 bayonnais Willie du Plessis ont souvent permis aux autres ciel et blanc d’un soir de souvent relancer depuis leur 22 mètres. L’assurance du Van der Merwe le deuxième ligne du Racing a été cruciale dans les airs pour que les combinaisons s’activent. Ainsi lors de la première mi-temps, la paire de centres Henry Chavancy-Anthony Tuitavake a été très en vue pour créer de nombreuses situations dangereuses de 4 contre 1 et 4 contre 2, laissant Romain Martial, ailier bayonnais seul à la relance ou à la conservation du ballon.

– Aux alentours de la 22ème minute – Le Racing 92 continue de fixer la défense bayonnaise dans l’axe sur la ligne des 50 mètres pour créer ensuite des brèches sur les ailes. Les coups de butoir des piliers Afatia, Ben Tameifuna (entre 120 et 140kg chacun) y sont pour quelque chose. L’ailier Joe Rokoçoko a encore fait parler sa dextérité et sa puissance face à son ancienne équipe, mais deux bonnes séquences défensives bayonnaises permettent de le faire progressivement reculer.

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« De nombreuses séances de large-large usantes pour l’Aviron »

Les séances de « gauche de droite » imprimée par le numéro 9 James Hart étirent la défense bayonnaise pour une fois de plus qu’un avant soit à la conclusion avec un essai du talonneur Virgile Lacombe.

Il n’y a pas de match amical pour le demi-d’ouverture néo-zélandais Dan Carter, rigoureux dans ses transformations avec deux succès, alternant les passes courtes avec son numéro 12 et les passes sautées avec son numéro 14 et trouvant chaque touche possibles dans les 22 mètres adverses.

A partir de l’évolution du score, l’Aviron a gardé du cœur à l’ouvrage réalisant quelques percées. Cette dynamique est venue de Guillaume Rouet, Peter-Jan Van Lill et Pablo Huete. Le demi de mêlée bayonnais a imprimé lui aussi des séances « de gauche-droite » face à une défense parisienne compacte, resserrée n’aidant pas l’ailier gauche Bastien Fuster, le deuxième centre Felix Le Bourhis ni son compère Adam Whitelock pourtant déterminé à faire sauter le verrou par sa puissance physique. Romain Martial, l’ailier droit bayonnais se targuera d’un coup de pied par-dessus pour lui-même dans son camp et une course de 30 mètres avant d’être coffré par Joe Rokoçoko habilement.

Les centres bayonnais et leur arrière M.Bustos Moyano, ont usé de crochets courts pour éviter des placages rugueux, et quelques coups de pieds rasants dans l’intervalle souvent entre Teddy Thomas et Brice Dulin ont crée quelques frissons.

Les touches sont jouées rapidement occasionnant aussi quelques fautes de mains. La mêlée bayonnaise, qui n’aura pas à rougir en Top 14, est bien restée à l’équilibre, Lorenzo Cittadini et Richard Choirat ont amené de la puissance. Plus de précision dans les lancers en touche aurait pu donner à l’Aviron l’occasion d’avancer.

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« La mêlée bayonnaise trouve un équilibre, elle n’aura pas à rougir en Top 14 »

A la mi-temps, et les joueurs de l’Aviron restent sur la pelouse quand les joueurs du Racing, eux, rentrent au vestiaire. Le turn-over se prépare.

La première partie de deuxième mi-temps est à l’image des premières minutes de la rencontre, le Racing 92 continue son travail d’usure dans l’axe sur la ligne des 50 mètres, donne l’occasion à ses centres de faire parler leur pointe de vitesse. Les velléités offensives de Teddy Thomas ont cependant été régulièrement bloquées sur l’aile gauche, il a décidé lui aussi de jouer un peu plus dans le cœur du jeu. Deux autres essais seront marqués par Julien Brugnaut (45ème – 0-19) et Xavier Chauveau (74ème – 7-24).

La sortie de Guillaume Rouet sur protocole commotion, a été l’occasion de voir le profil d’organisateur du jeu au près et de buteur d’Emmanuel Saubusse, transfuge de Mont-de-Marsan, auteur d’une transformation avant qu’il ne laisse sa place en toute fin de match à Bastien Duhalde, venu de Brive, dans son rôle de perforateur.

Côté Racing, les entrées d’Albert Vulivuli et Johan Goosen permettent encore aux parisiens d’engranger de la puissance et de la technique. Vulivuli habituellement ailier gauche, se place aussi en deuxième centre et numéro 10 hier, toujours pour chercher le point de rupture dans l’axe vers son homologue Lucas Méret (une transformation hier). Quant à Johan Goosen, à la fois centre et demi d’ouverture, reste sur la continuité de son championnat l’année dernière, calme et à la fois réaliste dans ses prises de décision malgré deux transformations ratées, il a fait vivre le jeu en cassant deux placages, réalisant une passe après contact et son jeu au pied haut (une chandelle, 3 dégagements en touche) gênant les relances de l’Aviron notamment de Julien Tisseron.

« Johan Goosen reste sur de bonnes prises de décision, il est dans la continuité »

Dewald Senekal, l’entraîneur des avants de l’Aviron le confiait le 4 août dernier lors de la présentation de l’équipe : « le secteur de la mêlée fermée c’est la clé ». Dans ce domaine, l’Aviron a changé de braquet et a montré les muscles. Evrard Oulai Dion, 2m et 131kg, a déchiré quatre fois « la muraille Racing » et signe encore une très bonne performance, égale à celle contre Zebre Rugby. Johnnie Beattie, numéro 8 venu de Castres, et Tom Donnelly, deuxième ligne venu de Montpellier, ont aussi apporté leurs grandes tailles et leurs puissances respectives pour perforer un peu plus les avants du Racing solides sur les acquis pendant près de 64 minutes avant que Guillaume Ducat marque l’essai et que Simon Labouyrie ne le suive à la 77ème minute. Que de volonté pour le pack de l’Aviron, repoussé maintes fois par la défense des hommes de Laurent Travers et Laurent Labit. Des fautes de mains, le réalisme qui fuit à quelques mètres et c’est la physionomie d’un match qui bascule. A cet exercice du jeu « main à main », le Racing sait répondre et « filer à dame » comme il sait aussi s’arque-bouter en défense et attendre patiemment de glaner une pénalité pour ballon enterré.

C’est une défaite conséquente (14-29) contre le champion de France au mois de juin dernier alors que « le Racing n’a démarré sa préparation que depuis 3 semaines » comme le confiait Joe Rokoçoko. L’Aviron poursuit son apprentissage et donne le sentiment de ne pas avoir abattu toutes ses cartes. Une chose est sûre, les devoirs de vacances sont terminés mais qui n’a pas besoin de pression pour réaliser une bonne rentrée ?

Article réalisé par Pierre-Alexandre Carré (@carr_pierre64)
Crédits photos : Pierre-Alexandre Carré/cultureSPORT

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