Kevin Gourdon : « On fait un bon début de saison, il faut voir sur la durée »

RUGBY. Top 14. Pour cultureSPORT, le troisième ligne rochelais Kevin Gourdon (26 ans, 1.90m, 107 kg) se livre sur le début de saison de son équipe qui mène grand train et surprend tous les observateurs pour se poster actuellement sur le podium du Top 14. Son avis sur la dernière réception de l’Aviron Bayonnais, l’état d’esprit des joueurs. Tout est y est avant la réception du RC Toulon samedi. Prêts ? Jeu !

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cultureSPORT : Quel a été l’impact de votre préparation physique, les mots de Patrice Collazo, votre coach, avant la saison ?

Kevin Gourdon : Avant la saison, j’ai attaqué en décalé par rapport aux autres mais avec certains coéquipiers on a su mettre les bouchées doubles pour rattraper notre retard. En ce qui concerne les mots du coach, je ne m’en rappelle plus (rires).

« La Rochelle est un club bien structuré avec une base de joueurs, des automatismes »

cultureSPORT : On a le sentiment que la Rochelle change de dimension progressivement. Quel est ton point de vue et quels sont les atouts de la Rochelle ?

Kevin Gourdon : Je pense que l’atout principal du club est dans sa très bonne gestion (financière et humaine). C’est un club bien structuré et c’est pour cela que chaque année, ça ne se casse pas la gueule. On peut aussi parler du recrutement qui est de qualité où les erreurs sont assez rares. Après, changer de dimension oui et non, c’est surtout quand on joue les premiers rôles en Top 14 qu’on peut le dire. On fait un bon début de saison mais il faut voir sur la durée.

cultureSPORT : Quels sont les mots, l’implication dans le groupe de joueurs expérimentés comme Victor Vito (troisième ligne All Black et ex-Hurricanes Super Rugby) et Brock James (ex-ouvreur Clermont) ?

Kevin Gourdon : Victor Vito ne parle pas encore français et Brock un peu plus. Au-delà de ça, ce sont de joueurs expérimentés qui nous apportent déjà une meilleure gestion des temps faibles.

« Bayonne envoie énormément de jeu, pourquoi ne pas croire en leur maintien ? »

cultureSPORT : Le match nul contre Clermont (30-30) lors de la première journée a été le déclic de votre dynamique ultra-positive à savoir jouer partout, tout le temps, vite et avec puissance ?

Kevin Gourdon : En tout cas on a eu peur d’en prendre 40 comme avant. Si on avait mieux négocié notre entame de match, on serait reparti avec une victoire même si ça n’enlève en rien notre performance d’avoir fait le nul. En sachant bien que Clermont a fait un gros début de saison comme nous donc c’est peut-être un déclic.

cultureSPORT : Qu’as-tu pensé de la prestation de Bayonne à Marcel Deflandre (stade de la Rochelle) et leur as-tu trouvé des atouts particuliers ?

Kevin Gourdon : C’est une équipe qui envoie énormément de jeu mais il leur a manqué du pragmatisme et du réalisme pour scorer et contre des équipes bien en place ça peut être difficile. Croire en leur maintien ? Pourquoi pas. On ne donnait pas cher de notre peau il y a quelques années et quand on regarde notre position à l’heure actuelle…

cultureSPORT : Le cocktail qui marche en Top 14 : des joueurs expérimentés, des joueurs qui viennent du 7’s, de la polyvalence, de la puissance en mêlée dont vous faites partie ?

Kevin Gourdon :  Oui et non, c’est surtout le travail que l’on a fait depuis quelques années, avec une base de joueurs, on peut travailler sereinement et avec des automatismes. Après, c’est vrai qu’avec des joueurs qui viennent d’horizons différents comme Steeve Barry (centre 7’s) ça nous apporte énormément parce qu’il a des aptitudes physiques et que notre jeu convient, mais il y a aussi des joueurs comme Vito et James. Ce sont différents univers de jeu qui nous permettent de progresser.

cultureSPORT : A titre personnel, que penses-tu de ton début de saison ?

Kevin Gourdon : Je n’ai pas beaucoup joué contrairement à ce que j’ai pu jouer par le passé donc, « peux mieux faire ».

cultureSPORT : Pour le moment, quelle a été la victoire la plus difficile à aller chercher ?

Kevin Gourdon : Le deuxième match à l’extérieur, Grenoble ça a été plus dur que Castres.

cultureSPORT : Peut-on rêver de la Rochelle champion ou européen ?

Kevin Gourdon : Pourquoi pas, cette année je ne sais pas. On joue forcément pour être le plus haut possible donc si jamais ça se présente on fera tout pour accrocher ça.

« L’équipe de France me motive. Quand c’est difficile, je passe au-delà et je vais essayer d’en faire partie »

cultureSPORT : Quelle est ton approche psychologique, ta routine avant les matchs ?

Kevin Gourdon : La course dans la salle de muscu’ et essayer de toucher la barre transversale des poteaux avec un coéquipier. On s’est dit que si on la touchait deux fois en même temps, on gagnerait le match alors…

cultureSPORT : Penses-tu au quotidien à l’équipe de France ?

Kevin Gourdon : Oui ça me motive parce que l’on a des échéances bientôt et je veux essayer d’en faire partie. Alors quand c’est difficile, j’essaye de passer au-delà.

cultureSPORT : Au regard de votre bon début de saison, est-ce que ça génère une forme d’inquiétude de se dire que ça va être difficile au fil des journées qui avancent ?

Kevin Gourdon : De l’inquiétude non, on aurait pu remporter les deux matchs (l’un à Brive 29-28 et l’autre à Paris 31-26, ndlr) où on a une balle de match dans les 22 mètres parisiens et on ne concrétise pas. Il faut juste prendre conscience que c’est dommage d’avoir laissé des points en route.

cultureSPORT : Enfin un dernier mot sur vos supporters à domicile comme à l’extérieur ?

Kevin Gourdon : Ils sont toujours là qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige. De vrais passionnés qui sont dans la tribune, qui n’est pas couverte. Un grand merci à eux.

Pierre-Alexandre Carré (@carr_pierre64)
Crédit photo : C. Stevenet/Stade Rochelais Rugby

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