Nicolas Lunven : « J’ai hâte de voir le Figaro III tirer ses premiers bords ! »

 

VOILE. Quelques mois après l’annonce du nouveau modèle Figaro III, prévu à l’horizon 2019, retour sur ce sport peu médiatisé qu’est la voile ; puis explications avec Nicolas Lunven sur le troisième modèle de bateau du type Figaro.

Voile professionnelle : quelques généralités

La voile professionnelle se divise en catégories de bateaux aux caractéristiques bien distinctes. Les monocoques, comme l’Imoca, la classe 40 ou le Figaro, ou les multicoques comme les Maxis 50. Les différences entre les catégories sont la maniabilité, la technicité du matériel de bord ou la taille du bateau. Les coûts à l’achat passent de 100 000 euros pour un Figaro, pouvant courir la Solitaire du Figaro, à plus de 20 millions d’euros pour la participation à une course en Imoca, comme le Vendée Globe. L’aide de sponsors est particulièrement important dans ce domaine. Chaque année, un classement est publié par catégorie, cumulant les résultats accumulés tout au long de la saison, de mars à octobre, dans les courses réservées aux bateaux de la catégorie.

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Le Figaro : catégorie professionnelle malgré tout accessible

Le Figaro est donc une discipline à part entière. La discipline est considérée comme une porte d’entrée vers la voile professionnelle ou un challenge plus amateur pour ceux qui désirent se lancer un défi. Les prix sont donc censés rester abordables, les réglages sont de base, et le Figaro reste relativement facile à manier. Ce bateau peut être dirigé en solitaire, double ou en équipage. Il peut prendre part à des courses au large ou à des régates : c’est donc un vrai bateau multifonctions. Les courses majeures sont la solitaire du Figaro et la transat AG2R tous les deux ans.

Figaro III : le nouveau modèle décrypté par Nicolas Lunven

La conception du nouveau Figaro, troisième du genre, est partie d’un appel d’offres de la classe Figaro Bénéteau. Trois cabinets d’architectes étaient en concurrence : le 29 mars, l’Assemblée générale extraordinaire de la classe Figaro a tranché. C’est le cabinet Van Peteghem Lauriot-Prévost (VPLP) de Vannes qui a été retenu. Le constructeur du bateau restera le groupe Bénéteau, qui assure historiquement la construction des modèles Figaro.

Nicolas Lunven, notamment vainqueur de la prestigieuse Solitaire du Figaro en 2009, nous aide à comprendre les enjeux de la conception du Figaro III. Il explique : « en tant que membre de la Classe Figaro, je participe à des réunions, je donne mon point de vue, je m’y intéresse, puisque dans quelque temps ça sera notre bateau. » Il confie cependant que « certains sont bien plus impliqués que [lui], notamment Yoann Richomme (autre skipper Figaro ndlr). »

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Le but selon lui est d’améliorer les performances, de « gagner un peu de poids, d’optimiser les paramètres de performance. » L’apparition d’un foil, permettant de « voler » sur l’eau, est a priori confirmée par Nicolas Lunven qui reste prudent : « ce serait une innovation majeure pour un bateau de conception industrielle. » La rumeur de l’apparition d’un foil, très coûteux, semble donc confirmée, ce qui romprait avec la doctrine fondamentale du Figaro et son prix abordable. La sortie d’un nouveau modèle, presque 20 ans après la sortie du Figaro II permet selon le skipper de « redynamiser les coureurs actuels et de rompre la monotonie d’un bateau que l’on connait sur le bout des doigts. » Cette innovation pourrait attirer de nouveaux coureurs qui, pour l’instant, « ne souhaitent pas venir se frotter à des « figaristes » aguerris qui maitrisent leur bateau depuis de nombreuses années. Le fossé à combler peut être énorme ! En repartant tous avec un nouveau bateau, tous les compteurs sont remis à zéro. »

L’enjeu est tout entier pour la classe Figaro qui « cherche à pérenniser son circuit actuel. » Il faut que les sponsors suivent, ce qui faciliterait la présence des investisseurs. Le tout récent deuxième de la Transat Ag2r explique : « le Tour de France à la voile, il y a quelques années, s’est pris les pieds dans le tapis en passant du Farr 30 au M34, car la réflexion faite en amont n’était pas suffisante et les coureurs pas assez impliqués dans cette réflexion. » Nicolas Lunven ne s’inquiète pas quant au succès de ce qu’il appelle sa « drogue dure », le Figaro : « la réflexion menée en interne au niveau de la Classe Figaro Bénéteau est saine et posée. »

Propos recueillis par Eloi Le Tenier grâce à l’aide précieuse de Vincent Lunven, un grand merci à Nicolas Lunven.
Crédits photos : Jean-Marie Liot, Alvinet.com, DFDS Connects, Franceinfo, yachtpals.com

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