La Ligue 1 est-elle trop « franchouillarde » ?

FOOTBALL. Ligue 1. Les critiques récentes à l’encontre du nouveau coach du PSG, le Basque Unai Emery, témoignent d’une certaine réticence face à l’arrivée d’une nouvelle vague étrangère qui pourrait faire progresser le football français : la Ligue 1 est-elle trop franchouillarde et nombriliste ?

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Un air de déjà-vu sur les bancs de Ligue 1

Depuis longtemps, une « secte » des entraîneurs français s’est introduite dans notre championnat. René Girard, Frédéric Antonetti : des noms qu’on entend depuis près de 20 ans en Ligue 1. Certes, leurs palmarès parlent pour eux : champion de Ligue 1 2012 avec Montpellier et troisième avec Lille en 2014 pour le premier ; champion de Ligue 2 2004 avec Saint-Etienne pour le deuxième. Mais n’est-ce pas le moment pour ces entraineurs de laisser la place à des plus jeunes coachs afin d’insuffler un nouvel élan ? Toutefois, l’erreur vient surtout de certains présidents incapables de chercher un peu de nouveauté en France (ou à l’étranger) et obligés de replonger dans le vieux carnet des entraîneurs confirmés de Ligue 1. Comme si expérience était gage de réussite ! La dernière erreur en date : la nomination de Raymond Domenech à la tête du syndicat des entraîneurs, l’Unecatef. Comment veut-on changer le système en faisant du réchauffé ?

Cependant, quelques médias participent aussi au fonctionnement de cette « secte » : Canal+ est devenu une véritable machine à laver des entraîneurs en accueillant entre autres les entraineurs cités ci-dessus. Le dernier arrivé est Paul Le Guen : ce ne serait pas étonnant que son nom apparaisse sous peu dans les petits papiers de présidents de Ligue 1. Ah ! Ces médias critiqués par ces personnes lorsqu’elles sont en poste mais tellement indispensables lorsqu’il faut trouver du travail et se refaire une carte !

Heureusement, la chaîne cryptée ne fait pas que des mauvais choix et recrute du qualitatif dans les anciens joueurs comme Habib Beye : cela donne un peu de réconfort de voir enfin de la lucidité de la part d’anciens pensionnaires de Ligue 1. De plus, certains entraîneurs français sont de qualité : Jocelyn Gourvennec, Rudi Garcia sans club depuis son départ de l’AS Roma. Tout n’est donc pas à jeter mais un tri est indispensable à faire.

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Une nouvelle vague étrangère vivement critiquée

Malgré tout, certains présidents de Ligue 1 tentent de se soustraire à ce système et s’ouvrent vers l’étranger. L’arrivée de personnalités comme Leonardo, Marcelo Bielsa, Leonardo Jardim, Unai Emery semble sonner comme une bonne nouvelle pour le football français. Pourquoi « semble » ? Parce que pour des médias et spécialistes, c’est tout l’inverse : attendez qui sont ces personnes pour venir dépoussiérer la Ligue 1 et nos clubs, vainqueurs de « tant » de compétitions européennes (une coupe des Coupes 1996 et une Ligue des Champions 1993), un championnat si attractif en termes de spectacles et de retombées ?

Bielsa, un jeu trop offensif et une équipe trop déséquilibrée ? C’est sûr que deux blocs défensifs de 10 joueurs et un 0-0 insipide, c’est mieux ! Leonardo Jardim un jeu trop pragmatique ? Malgré des changements importants dans l’effectif, il a toujours fini avec l’AS Monaco sur le podium de la Ligue 1 et a même amené le club de la principauté en quarts de Ligue des Champions !

La dernière victime est donc Unai Emery : vainqueur de trois Ligue Europa d’affilée, le technicien basque veut changer les choses au PSG pour lui faire passer un nouveau cap. Evidemment, les débuts sont difficiles : les joueurs ont un peu de mal à accepter le passage d’un entraîneur qui leur laissait une liberté presque totale (Laurent Blanc) à un entraîneur qui les fait réellement travailler. Mais là où les entraîneurs français ont un certain laps de temps avant d’être critiqués, les techniciens étrangers, à la première erreur, le sont. Et Unai Emery en est la preuve, notamment sur deux événements : le premier est le cas Hatem Ben Arfa. Mis à l’écart du groupe pendant plusieurs rencontres, on tente de comprendre et le fautif est de suite pointé du doigt : Emery ! C’est vrai que HBA, à 29 ans, a joué dans tous les plus grands clubs européens et a 50 sélections en équipe de France. Mais quand on gratte l’histoire, en réalité, HBA n’était dans une forme physique optimale et même les cadres dans le groupe l’ont remarqué !

Le deuxième événement est l’interview du nouveau latéral droit belge du club, Thomas Meunier, dans L’Equipe : pourquoi le titre de la une est « Le PSG peut s’autogérer » ? Certainement, une nouvelle pique à Emery. Mais quand on lit en détail l’interview, l’international belge rapporte notamment que les entraînements avec Emery sont beaucoup plus poussés que ceux de Laurent Blanc, dixit les joueurs présents au club depuis quelques années. Mais cette phrase n’est pas en une car elle égratignerait notre Laurent Blanc national !

En conclusion, l’entraîneur français n’est pas tout le temps à blâmer et l’entraîneur étranger à mettre, coûte que coûte, sur un piédestal. Mais un traitement et un jugement égal seraient plus justifiés. Un peu de chauvinisme c’est bien, trop c’est mauvais et contre-productif !

Thomas Ginesta (@thomasginesta)
Crédits photos : AFP

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About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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