D.Darricarrère : « Les joueurs terminent sur les rotules mais il faut grandir vite pour gagner les matchs »

RUGBY. Pro D2. Accablé. C’est l’état dans lequel se trouvait David Darricarrère, l’entraîneur du Biarritz Olympique. Pourtant, ce n’était pas faute de ne pas avoir martelé à son équipe qu’il fallait « faire attention au même scénario que contre Angoulême ». Une humeur qui contraste bien sûr avec la joie et la détermination des Vannetais, pour leur première victoire à l’extérieur  et qui croient plus que jamais à leur chance de maintien à l’aube du troisième bloc. Statistiques, déclas d’après match… Tout y est.
david-darri

Le coach de Biarritz, David Darricarrère

Statistiques avant le match

Biarritz

– 7e attaque : 206 points (15 essais, 13 transformations, 2 drops, 33 pénalités)

– 9e défense : 199 points encaissés

– 16 cartons en 9 matchs (15 jaunes, 1 rouge)

– Maxime Lucu, 10e réalisateur : 7 matchs, 1 essai, 7 transformations, 1 drop, 15 pénalités

Vannes

– 12e attaque : 185 points (16 essais, 15 transformations, 0 drops, 25 pénalités)

– 7e défense : 201 points

– 12 cartons en 9 matchs : (11 jaunes, 1 rouge)

– 12e réalisateur : Ashley Moeke (5 matchs, 6 transformations, 11 pénalités)

– 11e meilleur marqueur : Conor Trainor (15 points)

Les déclarations

Jean-Noël Spitzer, entraîneur de Vannes

« On a le sentiment qu’on a cassé la spirale négative depuis 2 matchs avec une victoire contre Albi et ici à Biarritz. Le repos fera du bien. Ce n’est pas un exploit, il ne faut plus regarder l’adversaire comme si on était à la télé ça nous arrive encore en première mi-temps, où on est passifs et c’est simplement une performance. A la mi-temps, il fallait surtout gérer l’aspect défensif, être virulent sur l’homme et mieux jouer les situations de turn-over. Je n’ai pas le souvenir d’une équipe qui gagne à l’extérieur sans une conquête solide. J’ai été inquiet de voir aussi ce même scénario en première mi-temps ou on passe à travers à Colomiers mais là on avait le sentiment qu’on pouvait quand même mettre la main sur le ballon. L’essai avant la mi-temps m’a agacé. En deuxième mi-temps, on aurait pu scorer plus. Il ne faut pas crier à l’exploit, à l’époque on devait monter, on a perdu contre Montauban, ça nous a endormis. Les matchs s’enchainent et le troisième bloc sera l’occasion de prendre un maximum de points à domicile. Pour l’instant, j’ai des joueurs plutôt festifs. »

Clément Payen, demi de mêlée de Vannes

« On n’a pas été appliqués en première mi-temps, on est revenu en deuxième mi-temps. Les avants nous permettent de tenir la baraque et les Biarrots étaient plus dans la gestion ensuite, je pense. Après, on a des lacunes défensives, on en est conscients. Si on gagnait ici à Biarritz, on prenait 9 points au deuxième bloc plus les 13 points du premier, l’objectif serait atteint et c’est fait. Vous savez, on regarde pas trop ce qui se passe ailleurs et on fait notre petit bonhomme de chemin. Si on vient en touristes ici en Pro D2, ça ne sert à rien, il ne fallait pas être « cons ». Des occasions à Biarritz, il n’y en a pas 50 et maintenant, il faut s’accrocher comme on a fait en Fédérale 2 ou 1 pour se maintenir. »

Bertrand Guiry, troisième ligne de Biarritz

« Chaque match est différent. C’est sûr, c’est deux défaites à domicile. Ça fait chier (sic), de ne pas tenir physiquement notre avance au score. Le vestiaire est déçu, les congés feront du bien, ce sera peut-être plus simple de se motiver, de changer notre stratégie en cours de matchs. On va faire face à des équipes qui jouent mieux que nous dans ce troisième bloc, on a du potentiel, mais pas le niveau , on ne garde pas le cap. Il faut apprendre à gérer nos temps faibles quand même… Je n’ai pas de réponse sur ces défaillances. »

David Darricarrère, entraîneur de Biarritz

« Mon discours a la mi-temps, ça a été d’insister sur l’importance de ce match et du même scénario que contre Angoulême. On a pas su sortir de notre camp proprement. Il va falloir qu’ils grandissent et qu’ils fassent gagner les matchs. Mais quels sont les objectifs du BO ? J’ai neuf blessés derrière, dont un qui rentre deux minutes, qui se blesse aussi. Les joueurs ont terminé sur les rotules. J’espère seulement, que les joueurs m’écoutent quand j’ai un discours et que l’on a pas fait de complexe de supériorité je leur ai dit dans la semaine, c’était important. La charnière dirige le jeu, quand elle est jeune, elle n’a pas les réflexes les plus anciens. Fabien Fortassin était important pour ça. Je leur ai dit c’est du gâchis avec tant d’efforts pour rien, il faut trouver vite des leviers, on est dans le dur. »


Trois questions à David Robo, maire de Vannes

cultureSPORT : Quel est votre sentiment sur le début de saison du RCV, son apparition pour la 1ère fois dans l’ère professionnelle du rugby ?

C’est une vraie fierté pour la ville d’être le premier club breton à accéder à  la Pro D2 ! Je suis un vrai féru du sport, j’ai dû manquer un match du RCV en 15 ans ! Vannes est aujourd’hui dans la lumière, mais le RCV, c’est une histoire qui existe depuis plus de 50 ans  avec l’implantation du 3e RIMA, et des militaires qui ont créé ce club. Le début de saison a été exceptionnel pour le RCV mais il faut reste humble car ce n’est que le début et le plus dur est sans doute à venir.

cultureSPORT : Ressentez-vous un engouement particulier dans la ville et comment se traduit-il ?

Oui, il y a un engouement génial que ce soit les commerçants de la Ville, les supporters, les novices, les jeunes, les enfants. Les gens veulent vivre des émotions et le RCV véhicule des émotions et des vraies valeurs de simplicité, d’engagement et de solidarité. Le club de Vannes est familial, avec des joueurs formés au club à l’image du capitaine. Du côté de la Ville, nous avons souhaité que l’aventure du RCV soit un vrai moteur pour toute la ville. Ainsi en contrepartie d’un partenariat avec la SASP, la Ville reçoit à chaque match à domicile 350 places de rugby, qu’elle distribue dans les écoles publiques et privées, dans les structures de quartier, au Foyer des Jeunes Travailleurs et au CCAS.

cultureSPORT : Enfin, quelques soit les résultats de Vannes, quels seront les axes de travail pour la mairie pour péreniser le club à haut niveau ?

Depuis 15 ans, la municipalité soutient activement le projet sportif du RCV d’accéder au monde professionnel. Les aides ont progressé, au fil des saisons et des montées, pour donner les moyens au club de devenir le fleuron du rugby breton. Vannes est le premier partenaire public du club, avec 400 000 € d’achats de prestations pour la SASP (le club étant devenu une entreprise privée, Rugby Club Vannes Sud-Bretagne) et 140 000 € de subventions pour l’association RCV (autres équipes seniors, équipes jeunes, centres de formation, école de rugby). Etant une entreprise privée, la SASP doit s’acquitter des frais de location de la Rabine, à hauteur de 104 000 €. Ce soutien important s’ajoute aux investissements réalisés par la Ville, près de 3 millions € au total depuis 2013. Avec l’accession en Pro D2, nous réaliserons en 2017 un terrain hybride à la Rabine pour la mutualisation du stade entre le RCV et le VOC.  Vannes est une ville sportive et fière de l’être !

Propos recueillis par Pierre-Alexandre Carré (@carr_pierre64)

Laisser un commentaire