Thierry Elissalde : « Aujourd’hui, Euskadi-Murias prend peu le relais »

CYCLISME. Circuit Continental. Ancien coureur chez Euskadi, devenue ensuite Euskaltel, Thierry Elissalde s’est montré très enthousiaste lors de la présentation de nouvelle équipe Euskadi Basque Country-Murias.
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Crédit : DR.

En devenant le premier coureur non espagnol à intégrer les rangs de l’équipe Euskaltel-Euskadi, le Français Thierry Elissalde a écrit une des pages les plus marquantes dans le livre retraçant la longue histoire de la formation basque. Avant l’arrivée massive d’étrangers en 2013 (afin de sauver sa place en première division), ils ne sont que très peu à avoir revêtu le maillot orange. On en dénombre trois : le Vénézuélien Unai Etxebarria, qui a grandi au Pays Basque espagnol, ainsi que les tricolores Romain Sicard et Pierre Cazaux, nés à Bayonne et Saint-Palais. Aujourd’hui, Elissalde, qui a couru la Vuelta 1995, s’occupe de former des jeunes à l’Aviron. Ses futurs protégés trouveront-ils refuge au sein du groupe Euskadi-Murias ?


cultureSPORT : En quoi est-ce si important pour le Pays Basque de posséder une équipe évoluant au plus haut niveau ?

Thierry Elissalde : J’ai connu le premier projet né dans les années 1990 avec la Fundacion Euskadi. La Fondation est toujours là, bien présente, même si elle a, effectivement, plus de mal. Aujourd’hui, c’est l’équipe Euskadi Basque Country-Murias qui prend un peu le relais. C’est très important que ce projet évolue et atteigne les sommets dans les prochaines années.

cultureSPORT : Est-ce que le développement de ce projet passe par un rapprochement de la Fundacion Euskadi et de l’équipe Murias ?

Thierry Elissalde : Même si le projet et les idées sont les mêmes, d’après ce que je sais, ils ne rament pas tout à fait dans le même sens. Mais qui sait ? Peut-être que dans un futur très, très proche, il y aura un rapprochement. A mon avis, c’est sans doute la solution.

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Thierry Elissalde (au centre) avec Jon Odriozola (à gauche). Crédit : site officiel de l’équipe Euskadi Basque Country-Murias.

cultureSPORT : La communauté autonome sponsorise cette nouvelle équipe. Du coup, pouvons-nous affirmer que Murias est devenue la nouvelle Euskaltel ?

Thierry Elissalde : Oui, effectivement. En bénéficiant de cet appui un peu hors normes, Murias a pris la place de la Fundacion Euskadi. Mais je le répète, j’espère que dans un futur proche, tout cela va se mutualiser pour que le cyclisme en sorte grandi et vainqueur au Pays Basque.

« Un engouement mondialement connu »

cultureSPORT : Cela passe également par une montée de Murias-Euskadi en Continental Pro dès l’an prochain…

Thierry Elissalde : C’est tout ce que l’on peut souhaiter à cette équipe. Et qui sait… Peut-être qu’ils parviendront à intégrer le circuit World Tour dans les prochaines saisons ?

cultureSPORT : Est-ce que cela vous manque de voir des supporters basques animer les étapes du Tour de France dans les Pyrénées ?

Thierry Elissalde : Effectivement, mais ce n’est pas seulement à moi que ça manque. Cela manque à tout un peuple. Tout le monde souhaite revivre ces folles années, lorsqu’il y avait ce soutien derrière l’équipe Euskaltel. Cet engouement était mondialement connu, ça dépassait toutes les frontières. J’espère et je pense qu’on revivra des moments comme ça.

cultureSPORT : Vous avez été le premier coureur français à intégrer Euskaltel. Vous surveillez toujours comment évolue la relève côté Iparralde. Comment s’annonce-t-elle ?

Thierry Elissalde : Sur ces dernières années, on va dire qu’il y a du renouveau. A l’Aviron Bayonnais, particulièrement, on essaye de faire éclore de jeunes talents. Nous essayons aussi de travailler en collaboration avec Hegoalde. Comme en Iparralde, nous n’avons pas les mêmes moyens, hélas, on s’attache à faire de la formation. Mais on devrait entendre parler du Pays Basque nord dans les prochaines années.

« Il faut ramer dur pour avancer »

cultureSPORT : Comment se fait-il que, pour l’instant, il n’y ait pas le même engouement côté français ?

Thierry Elissalde : C’est avant tout culturel. En Espagne, le sport est roi. Il y a un engouement pour toutes les disciplines. Tous les sports sont vraiment soutenus. Chez nous, le rugby ou la pelote priment. Concernant le cyclisme, je ne dirai pas que nous sommes délaissés, mais il faut ramer dur pour avancer. C’est un sport qui n’est malheureusement pas assez soutenu de notre côté.

cultureSPORT : Que pouvons-nous espérer de Romain Sicard et Loic Chetout cette saison ?
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Romain Sicard et Thierry Elissalde. Crédit : DR.

Thierry Elissalde : On va les soutenir nos petits jeunes d’Hegolade. Cette année, Romain a un calendrier de courses totalement différent des années précédentes. De pouvoir courir bien plus tôt en ce début de saison est déjà une première victoire pour lui. En courant très régulièrement, cela pourrait lui servir de rampe de lancement. Nous pourrions alors retrouver le Romain Sicard que tout le monde a connu, au sommet de la pyramide. Loic Chetout, lui, continue d’apprendre rapidement. C’est vraiment quelqu’un que je connais très bien puisqu’il est passé par l’Aviron Bayonnais. On peut s’attendre à ce qu’il passe un nouvel échelon cette saison. Nous ne pouvons qu’être optimistes !

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Propos recueillis par Nicolas Gréno (@nicolasgrenon.greno@culturesport.net) le 20 janvier 2017 à Bilbao (Biscaye).

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac’ @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l’UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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