Simple comme courir (1/3)

ATHLÉTISME. Il entraîne une pépite de l’athlétisme français. Bénévole depuis 56 ans dans le club savoyard, Pierre Carraz, coach de Christophe Lemaitre, est tous les jours sur le bord de la piste. Au stade d’Aix-les-Bains, il reste le modeste Pierrot que tous les athlètes tutoient.

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« C’est un garçon qui est simple, qui est sain. » Pierre Carraz choisit des mots qui lui correspondent aussi pour décrire Christophe Lemaitre. L’entraîneur savoyard est simple. Il ne mâche pas ses mots, il va droit au but. Il est bénévole, ne veut pas être payé pour coacher le sprinteur professionnel. Il accepte seulement les vêtements que lui donne de temps en temps l’équipementier de son athlète le plus connu. Des joggings, des baskets de temps à autre, rien de plus. L’entraîneur garde les pieds sur terre, au bord de la piste d’Aix-les-Bains.

Il est sain. En muscles, toujours svelte, fatigué par une opération du dos récente, mais il ne cesse de répéter que ça va. Il a ce teint mat des personnes habituées à passer du temps dehors, qui souligne ses yeux bleus. Rencontre dans sa ville de toujours, à l’hippodrome. Ici, les athlètes et les collègues l’appellent tous Pierrot.

Quand il parle de la carrière professionnelle de Christophe Lemaitre, il évoque une progression tout à fait logique. La période de stagnation qu’il a connue entre 2013 et 2015 est normale selon lui. Mais les blessures se sont ensuite enchaînées, puis une mauvaise forme à Londres en 2012 le prive de la médaille. « La faute à pas de chance », résume simplement Pierre Carraz. D’après lui, le jeune français est arrivé sur la ligne de départ des JO « lessivé », sans ça, « il aurait fait un podium ». Cette analyse révèle la confiance que montre l’entraîneur à son meilleur athlète. Il lui donne un entraînement normal, avec le reste du groupe, mais individualisé quand même. Christophe Lemaitre le reconnaît : « Il arrive à faire progresser les athlètes en fonction de leur morphologie. »

Entre eux, la relation dure. Pierre Carraz a vu grandir et évoluer le minime qu’il a commencé à entraîner il y a maintenant plus de 10 ans. « Un entraîneur ne peut pas te faire progresser en un an. C’est un atout d’être resté avec Pierrot. Maintenant on se connaît tous les deux, je peux vraiment lui dire ce que je veux en tant qu’athlète, ce dont j’ai besoin pour l’entraînement, comment je me sens, partager… », confie Christophe Lemaitre. Ils progressent l’un avec l’autre. Pierre Carraz le souligne, être entraîneur, c’est un apprentissage de tous les instants : « Souvent, ce qui fonctionne avec un athlète ne fonctionne pas avec un autre, il faut se remettre en question constamment. » Pour coacher le médaillé du 200 m à Rio, Pierre Carraz n’est pas seul. Thierry Tribondeau, un athlète qu’il avait lui-même entraîné auparavant, le seconde.

Partie 2 : La confiance avant tout

Maëva Gros (@_MaevaGros_) à Aix-les-Bains (Savoie). Crédit photo : site officiel de Christophe Lemaitre.

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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