« Tout le monde est soudé et investi pour la prochaine Coupe du Monde »

RUGBY. Tournoi des Six Nations féminin. Lauréates l’an passé, les Bleues ont cédé leur couronne aux Anglaises. Après avoir perdu le titre continental, le Graal mondial est envisagé. Céline Ferer et Camille Cabalou, joueuses de l’équipe de France, se confient.
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Le XV de France féminin. Crédit : Fédération Française de rugby (page Facebook officielle).

Après sept semaines en équipe de France, Céline Ferer (26 ans) et Camille Cabalou (24 ans), ont renoué avec leur club. Pour la reprise en Elite 2, l’AS Bayonne s’est imposée dimanche dernier face à Bordeaux (32-12). Alors que tout roule pour elles en championnat (la première place de la poule 2 est assurée avant les phases finales), les deux rugbywomen visent de concert le titre mondial avec les Bleues et se sont donné rendez-vous à Belfast le 27 août prochain, date de la finale.


cultureSPORT : Camille, comment s’est passé ton Tournoi ?

Camille Cabalou : J’ai eu la chance de pouvoir disputer les trois premiers matchs. C’est toujours un honneur de porter le maillot tricolore. C’est une récompense des efforts fournis au quotidien. Je suis contente que le nouveau staff m’ait fait confiance. J’ai essayé d’être performante et d’apporter à l’équipe lors de mes entrées. Pour la fin du Tournoi, j’étais apte à jouer, mais les entraîneurs ne m’ont pas retenue et ont convoqué deux autres demis d’ouverture. Cependant, je continue à travailler dur en vue de l’objectif Coupe du Monde.

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Céline Ferer. Crédit : Fédération Française de rugby (page Facebook officielle).

cultureSPORT : Toi, Céline, en revanche, tu as joué tous les matchs dont les trois derniers titulaires…

Céline Ferer : Effectivement. Cela s’est relativement bien passé dans l’ensemble. Je suis quand même un peu déçue du résultat général. On aurait aimé faire mieux et ne pas arriver à cette troisième place. On a encore beaucoup de travail. Il y a eu un petit moment d’adaptation par rapport au tout nouveau staff, au nouveau plan de jeu.

cultureSPORT : Justement, comment s’est passée l’adaptation avec Samuel Cherouk (1) ?

Céline Ferer : Ca a été, même si, de ne pas avoir Jean-Michel (Gonzalez, son coach à l’ASB), Philippe (Laurent) ou Emilie Larroze (l’ex-kiné), m’a beaucoup attristée. De toute manière, il faut faire avec. On se retrouve quand même avec des personnes compétentes. A titre personnel, ça se passe bien avec l’entraîneur des avants. Il est intéressant techniquement. Maintenant, il faut avancer et faire de cette équipe, une grosse équipe. Notre objectif est de gagner le Mondial.

Camille Cabalou : L’adaptation s’est bien passée. Tout le monde est soudé et investi pour la prochaine Coupe du Monde. Evidemment, le changement de staff implique des adaptations et demande un peu de temps au groupe pour se construire et pour apprendre à travailler ensemble.

« Espérons que le faux pas contre l’Angleterre nous serve de leçon »
cultureSPORT : Vous vous êtes inclinées face à l’Angleterre (26-13), à Twickenham. Les Anglaises paraissent invincibles…

Céline Ferer : Peut-être que si on n’avait pas joué ce match d’entrée, ça aurait été mieux… On avait fait une bonne première mi-temps (0-13) mais on leur a donné la victoire en seconde période en commettant de petites erreurs. C’a été le trou noir de tout notre Tournoi. A chaque fois, nous faisions une deuxième partie plus mitigée que la première, sauf lors de l’ultime rencontre face aux Galloises où nous sommes arrivées à faire deux mi-temps relativement correctes. Si on avait affronté l’Angleterre en quatrième ou cinquième match, on aurait sans doute fait autre chose. Mais pendant ces cinq semaines, l’équipe a grandi. On a appris à revivre ensemble, tout simplement. Ça faisait un petit moment que nous ne nous étions pas vues. Tous ces petits détails se retrouvent sur le terrain.

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Jade Le Pesq et Natasha Hunt. Crédit : Fédération Française de rugby (page Facebook officielle).

cultureSPORT : Comment expliquer une telle domination du XV de la Rose et ce dans toutes les catégories ?

Camille Cabalou : Les Anglaises sont professionnelles. Si elles ont dominé ce Tournoi des Six Nations, nous sommes cependant capables de rivaliser avec. Comme nous l’avons prouvé lors des éditions 2015 et 2016. Espérons que ce faux pas nous serve de leçon pour la suite.

Céline Ferer : Comme elles sont H24 ensemble, elles se connaissent et ont l’habitude de jouer en groupe. Mine de rien, cela permet de faire des choses assez intéressantes en termes d’entraînement. Forcément, cela suit derrière, en match. C’est sûr qu’elles avancent beaucoup plus vite… Elles vont d’ailleurs monter un tournoi professionnel l’an prochain. Après, nous pouvons les battre, avec un petit peu plus d’envie encore. C’est dur, mais c’est intéressant de rencontrer une équipe comme celle du XV de la Rose.

« On sent les gens de plus en plus intéressés »

cultureSPORT : Que pensez-vous de la médiatisation du Tournoi ? L’arrivée d’un nouveau logo n’est pas si anodine… Tout cela va dans le bon sens…

Céline Ferer : Carrément ! L’an passé, deux matchs avaient été diffusés en streaming parce qu’ils n’avaient pas été retransmis par France 4. Cette fois, les cinq rencontres ont été diffusées sur la TNT. C’est sûr que c’est un plus pour nous. On sent les gens de plus en plus intéressés. J’espère que dans les prochaines années, les jeunes auront la chance d’évoluer comme rugbywomen professionnelles à l’instar des Anglaises ou d’autres nations qui commencent à évoluer dans ce sens.

Camille Cabalou : Cette année, l’intégralité du Tournoi a également été retransmise sur Facebook et YouTube. Cette médiatisation est gratifiante pour le rugby féminin dans sa globalité. Nous recevons des encouragements toujours plus nombreux à chaque match. L’engouement autour du rugby féminin évolue et les stades se remplissent progressivement. Ce n’est que du positif pour notre sport et pour les valeurs que nous voulons véhiculer.

(1) Quintuple champion national avec les espoirs Clermontois, Samuel Cherouk a pris les rênes de l’équipe de France féminine après que le duo Jean-Michel Gonzalez – Philippe Laurent a été subitement débarqué.

Les matchs et statistiques

Angleterre-France : 26-13. Remplacements : Le Duff (Cabalou 60e), Corson (Ferer 64e).
France-Ecosse : 55-0 dont 1 essai Cabalou (65e), 3 transformations Cabalou (50e, 53e, 66e). Remplacements : Le Duff (Cabalou 48e), Corson (Ferer 55e).
Irlande-France : 13-10. Remplacements : Cabalou (M. Menager 51e), Forlani (Ferer 67e).
Italie-France : 5-28. Remplacements : Ferer (titulaire tout le match).
France-Pays de Galles : 39-19. Remplacements : Ferer (Corson 59e).

Propos recueillis par Nicolas Gréno (@nicolasgreno – n.greno@culturesport.net) les mercredi 22 et jeudi 23 mars 2017.

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About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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