Athlétisme Découverte Les jeunes pousses du sport Sport féminin

Jade Mazas : De multiples cordes à son arc d’athlète.

Jade Mazas, Capbretonnaise de 16 ans, n’a pas attendu l’adolescence pour se lancer dans le sport à forte dose. Dès son plus jeune âge, elle a rapidement élargi sa sur-activité dans les cours de récréation à la piste d’athletisme de Capbreton, au stade municipal du Bourret.

Du haut de ses six ans, c’est pourtant par hasard que la jeune Landaise croise la pratique de la course à pied en compétition : « je suis tombée sur un entraînement d’athlétisme et j’ai tout de suite eu envie de commencer ce sport », se souvient-elle. Un pas franchi moins vite qu’elle ne l’aurait souhaité, puisque Jade, étonnamment déterminée pour son jeune âge, fut pourtant contrainte à prendre son mal en patience : « j’ai dû attendre deux ans avant d’effectuer mes premiers tours de piste car l’école d’athlétisme de Capbreton n’ouvrait ses portes qu’aux enfants âgés d’au moins huit ans ».


Suivant les conseils de ses entraîneurs, et se conformant par là au parcours de la plupart des athlètes Jade Mazas a alors, au cours de ses premières années, touché à toutes les disciplines. C’est à partir de sa deuxième année de Minimes qu’elle décide de se tourner vers les épreuves combinées. Un choix qui s’avère aujourd’hui payant pour celle qui est montée à quatre reprises sur le podium des Championnats de France (NDLR : deux fois en Minimes sur le triathlon et avec l’équipe de Nouvelle-Aquitaine et à deux reprises en Cadette 1 en pentathlon et saut en hauteur).

Contrairement à la plupart des disciplines, les épreuves combinées ont pour Jade un avantage indéniable : celui de ne pas tomber dans la monotonie ; « on ne réalise jamais la même chose [car] qui dit épreuves combinées, dit obligatoirement diversité des entraînements », explique-t-elle. Preuve en est : durant une semaine-type d’entraînement, Jade Mazas effectue entre six et huit spécialités sans pour autant délaisser le renforcement musculaire et les séances de lactique.

« Il ne faut pas désespérer sur les épreuves combinées, car rien n’est jamais terminé ! »

Jade Mazas

A l’idée des épreuves combinées en athlétisme pour les femmes, vient à l’esprit l’heptathlon, étalé sur deux jours (succession de sept épreuves en extérieur). Sa variante, le pentathlon, soit la succession de six épreuves en indoor majoritairement pratiqué en hiver, est lui moins médiatisé. Pour autant, pour l’un et l’autre, c’est la polyvalence qui l’emporte en bout d’épreuves; les athlètes doivent en découdre sur des épreuves de courses (100 mètres haies, 200 mètres et 800 mètres), de lancers (poids et javelot) mais aussi de sauts (en longueur et hauteur).

… Des disciplines particulièrement riches en suspense puisque jusqu’à l’ultime épreuve, « l’espoir est toujours de mise » rappelle Jade Mazas : « dans ces disciplines, pas de place à la baisse de moral car rien n’est jamais terminé! On peut naviguer dans les profondeurs du classement à l’issue du premier jour et réaliser une superbe remontée le lendemain. Il faut donc être capable d’aller de l’avant et de rester dans sa bulle même si c’est parfois assez délicat, d’autant que les concours sont particulièrement éprouvants ».

En plus de ses qualités d’heptatlonnienne, Jade Mazas est aussi spécialiste du saut en hauteur. Crédit photo : archives personnelles de Jade Mazas.

De quoi stimuler les âmes compétitrices comme celle de l’athlète landaise. Très à l’aise sur le saut en hauteur (1.71m en 2019, soit le record Minimes de Nouvelle-Aquitaine), Jade Mazas fait parfois le choix de s’aligner uniquement sur cette discipline, à l’instar de ces alters-egos professionnelles qui combinent l’heptathlon avec une spécialité.

Quant à la relative méconnaissance de la discipline par le grand public, Jade Mazas, sans l’éluder, souligne pourtant la médiatisation grandissante, dans le sillon des performances de l’un des athlètes français les plus titrés, Kevin Mayer (NDLR : recordman du monde du décathlon). Un atout non négligeable pour l’athlète landaise : « grâce aux performances de Kévin, les épreuves combinées se taillent peu à peu une réelle place dans le champ médiatique, et les athlètes ont déjà gagné en reconnaissance. » se réjouit-elle.

L’occasion aussi pour Jade de revenir à sa propre carrière: promue en Cadette cette année, l’heptathlonienne avait à coeur de réaliser une belle saison. Malheureusement, la Covid-19 est passée par là et a obligé Jade à revoir ses plans. Au sortir du confinement, l’athlète landaise se veut lucide: « j’ai progressé sur le plan physique mais régressé au niveau de la technique ».

Cette pause forcée n’aura pas eu raison de sa détermination ; celle qui rêve d’intégrer l’équipe de France n’aspire à présent qu’à une seule chose : la reprise des compétitions.

Gageons pour Jade et pour tous les athlètes que le bout du tunnel ne soit plus bien loin.


En quelques mots…

cultureSPORT : Le meilleur moment de ta carrière ?

Jade Mazas : Ma troisième place lors des championnats de France de Pentathlon cadet en février dernier. Une véritable surprise, car je n’étais pas vraiment venu dans l’otique de monter sur la « boîte ».

cultureSPORT : Ta discipline favorite ?

Jade Mazas : Le saut en hauteur.

cultureSPORT : Une athlète qui t’inspire ?

Jade Mazas : L’heptatlonienne belge Nafissatou Thiam : j’admire sa personnalité et le fait qu’elle soit proche du public lors des compétitions.

Bixente Gorostegui. Crédit photo de la une : archives personnelles de Jade Mazas.

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