Paroles de Jeunes Reporters du Tour #3 : Medhi

Ils sont jeunes, ils aiment le sport. Ils aiment aussi le Tour de France et le journalisme. Pendant trois semaines, ces Jeunes Reporters ont vécu dans la caravane de la Grande Boucle une expérience extraordinaire. Chaque jour, ils partaient à l’assaut des coureurs et des spectateurs présents sur le Tour pour alimenter leur journal, distribué au village départ. Un an plus tard (voire plus pour certains), ils ont accepté de revenir en arrière pour nous donner leurs sentiments sur cette belle aventure. Depuis, quelques Jeunes Reporters ont même rejoint notre rédaction ou écrit de temps en temps quelques articles.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Medhi Casaurang, 16 ans et demi (j’insiste bien sur ça), né à Pau (64) et vit à Oloron Sainte Marie (64). Je suis un passionné de cyclisme et de sports mécaniques depuis mon plus jeune âge. Lance Armstrong est mon idole (cela ne va pas plaire à tout le monde) depuis mes quatre ans ; il est à mon sens un modèle de courage et d’abnégation !

Pourquoi avoir voulu participer à l’aventure des Jeunes reporters du Tour ?
Tout simplement parce que je trouvais cette opération originale et fantastique ! Très franchement, passer de l’autre côté des balustrades pendant presque un mois, je n’osais pas imaginer cela possible si tôt ! Déjà que passer une étape en tant qu’invité relevait pour moi du doux rêve, imaginez ma réaction lorsque j’ai appris en mai 2009 que j’allais vivre cette expérience tout le long de juillet prochain… Mais je me disais aussi que ce serait l’occasion pour acquérir les bases du métier de journaliste (je faisait des petits cahiers qui résumaient le Tour de France et les grands prix de F1 à l’époque).

Les sélections, comment se sont-elles passées ?
Quelle aventure ! Mon père a dû effectuer un aller-retour Oloron-Paris express en voiture en moins de 48 heures ! Je me rappelle chaque minute de cette journée décisive. Je me suis retrouvé le samedi matin dans les locaux d’A.S.O face à une vingtaine de jeunes passionnés qui avaient tous deux voire trois ans de plus que moi ; certains avaient les mains qui tremblaient lors des présentations, mais moi je trouvais cette sélection passionnante. J’ai dû poser des questions au faux Cavendish en improvisation complète, puis faire un résumé d’une étape inventée par nos soins face à une caméra entre autres. Au final lorsque mon père m’a demandé mes impressions je lui ai dit que j’avais donné mon maximum et que je ne regrettais pas le déplacement ! Le lundi suivant, j’ai appris que j’étais sélectionné mais j’ai encaissé cette grande nouvelle comme si de rien n’était. Je n’ai réalisé l’ampleur de l’évènement que fin juillet !

Que retiens-tu de cette expérience ?
Qu’il faut avoir une bonne hygiène de vie, car vivre en communauté pendant trois semaines cela demande de la rigueur ! J’ai aussi appris ce qu’était le fameux blues d’après-Tour. Vous êtes avec tous ces coureurs, avec vos collègues puis le lendemain vous vous rendez compte que c’est fini, que cette aventure ne se reproduira plus… Professionnellement j’ai aussi retenu les cinq questions type ainsi que la rédaction en pyramide inversée, qui sont la base du journalisme !

Quelle a été ta plus belle rencontre ?
Rencontrer tous les acteurs de ce petit monde (coureurs, journalistes, membres de l’organisation…) c’était féérique ! Je retiens la rencontre de supporters suisses qui étaient vraiment bluffés par ce que je faisais au sein du Tour, j’ai discuté avec eux une bonne heure ! Les autres Jeunes Reporters restent aussi de très bons amis, je reste attaché à eux. Je ne cache pas que j’aurais vraiment voulu rencontrer Armstrong or j’étais un peu déçu d’apprendre qu’un de mes collègues allait lui parler. Mais bon, je n’osais pas trop approcher le champion tout le long de l’épreuve, quelle icône !

Ces trois semaines, t’ont-elles donné envie de faire du journalisme sportif plus tard ?
Mon envie de faire du journalisme mon métier a été décuplée il y a trois ans. Depuis, je continue de couvrir des compétitions cyclistes, d’apporter ma contribution à quelques sites dont Culture Sport. Mais j’aimerais bien présenter quelques reportages à la radio, chose que je n’ai encore jamais entrepris !

Si tu avais des conseils à donner aux futurs Jeunes reporters du Tour, ce seraient lesquels ?
Je vais rester basique : profitez-en à 200% ! Ces trois semaines passent si vite qu’il faut prendre le temps d’en profiter, par exemple lorsque vous assistez à une étape de montagne décisive, dites-vous « j’y étais » !

Numéro précédent : #2, Thomas

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac’ @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l’UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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