Analyse du Grand Prix d’Abu Dhabi

La dernière manche orientale du calendrier 2012 a donné lieu à de multiples rebondissements. Nous avons décidé de nous attarder sur trois faits majeurs de ce week-end : la victoire de Räikkönen, l’abandon d’Hamilton et la mission sauvetage de Vettel.

La victoire de Kimi Räikkönen (Lotus)

Les suiveurs de la Formule 1 étaient en passe de faire une croix sur les chances de victoire de Lotus ; en effet, après une pelletée de chances de succès envolée (Bahreïn, Budapest), l’écurie d’Enstone semblait décramponnée de la tête de course au vu des derniers résultats (Corée, Inde). Que nenni ! Après un départ parfaitement réussi qui lui a permis de s’installer à la seconde place, Kimi Räikkönen a su profiter du retirement du leader Hamilton pour s’installer au premier rang après vingt tours. Une position qu’il ne quittera plus, malgré l’apparition du second Safety-Car à seize boucles de la ligne et surtout du retour d’Alonso dans les derniers passages ! Grâce à cette première victoire depuis Spa en 2009, celui que l’on surnomme «Iceman» a assurément réussi son retour en F1. Malgré ce succès, le dix-neuvième de sa carrière, il n’est plus en lice pour le titre, un titre qu’il voudra très certainement obtenir l’an prochain, toujours avec Lotus !

L’abandon de Lewis Hamilton (McLaren)

Encore une casse mécanique sur la MP4-27 du champion du monde 2008 ! L’Anglais a certainement dû se demander pourquoi une telle injustice le poursuit. Déjà à Singapour il avait été contraint à l’abandon sur une boîte de vitesses hors service. Ici, c’est la pompe à essence qui a rendu l’âme venant mettre un terme à ses chances de victoire alors qu’il était en tête. Hamilton vit cette année une saison en dents de scie, avec de nombreuses poles positions (six pour le moment), mais aussi de notables abandons qui l’ont fortement handicapé dans l’optique du titre. En prenant compte ces hauts et ces bas, il est compréhensible d’avoir envie de changer d’air et de se mesurer à un défi de taille chez Mercedes-AMG en 2013.

La remontée de Sebastian Vettel (Red Bull)

Sebastian Vettel est parvenu à tordre le cou à une idée reçue : oui, le dépassement à Yas Marina est réalisable ! Malgré un départ depuis la voie des stands et un changement d’aileron avant, le pilote Red Bull a réussi la performance de terminer sur la dernière marche du podium. Comment cela est-il possible ? Petite analepse.

Dès les premiers roulages du vendredi, il est apparu de manière claire que la monoplace autrichienne serait capable d’un beau résultat. Les qualifications du lendemain ont confirmé la donne, avec un troisième chrono. Mais, lors du tour de décélération, la RB8 s’arrêta ! Les ingénieurs se sont rendus compte d’une quantité insuffisante de carburant dans la monoplace. Il faut par ailleurs préciser que la F.I.A doit, à l’issue des qualifications, quantifier le volume d’essence restant dans le réservoir. Les commissaires ont noté un manque de 150 ml par rapport au volume mini. La sanction a été sévère : exclusion de la séance et démarrage depuis la dernière place. Une situation rarissime mais pas inédite ; Hamilton avait rencontré le même problème à Barcelone en mai dernier.

L’équipe Red Bull a décidé samedi soir de mettre à profit cette situation à première vue inconfortable. Les mécaniciens ont opté pour un départ depuis les stands, un choix qui peut s’avérer payant puisque la règle du parc fermé ne s’y applique plus. Ainsi, la machine a pu bénéficier de réglages entièrement dédiés à la course du lendemain (nouvelle boîte de vitesses), ce qui n’est pas le cas du reste du peloton !

Les suiveurs (pour ne pas dire votre serviteur) annonçaient déjà Abu Dhabi comme un tournant décisif dans la course au titre le samedi. A froid, cet avis est à nuancer. Le double tenant du titre a réussi l’exploit de ne perdre que trois unités sur son rival Fernando Alonso (Ferrari). Les troupes du taureau ailé sont très certainement galvanisés par ce retour tonitruant. Les «Rouges» peuvent toujours espérer chiper le leadership aux USA et au Brésil mais peuvent aussi éprouver de la perplexité et de l’impuissance face au développement incessant de la RB8. Il faut bel et bien le dire : en termes de vitesse pure, la F2012 ne soutient pas la comparaison. Alonso doit aller au charbon comme il sait si bien le faire, son dernier relai impressionnant dimanche en est un bel exemple !

Crédit photos : site officiel du championnat du Monde de Formule 1

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