Tournoi des 6 nations, les tops et flops : acte II

L’acte II de ce Tournoi des Six Nations 2013 a pris fin. Un favori qui se dégage, un XV du Chardon explosif, des gallois enfin victorieux… d’une équipe de France qui « ne fait pas rêver » tandis que la Squadra est redescendue sur terre.

Angleterre-Irlande

LES TOPS

Feu vert pour l’Angleterre
Dimanche, c’était presque la finale avant l’heure entre les deux dernières nations invaincues dans le Tournoi : la jeune Angleterre et l’expérimentée Irlande. On s’attendait à un combat physique du fait des conditions climatiques difficiles qui régnaient sur Dublin. On n’a pas été déçu. Un match âpre, plein d’engagement et de volonté, donnant son dénouement dans les ultimes instants de la partie. Pourtant, les anglais ont maîtrisé la quasi totalité de la rencontre, à l’exception d’une vingtaine de minutes, au début de la seconde période. Sous la pluie, le XV de la rose a verrouillé la partie, imposant sa dimension physique à des irlandais qui ont peiné à trouver le bon tempo, malgré les fulgurances des O’Driscoll, O’Brien ainsi que l’abattage d’Heaslip. Et c’est au moment où ils se sont retrouvés à quatorze, suite au carton jaune de Haskell (57e) que les anglais se sont envolés au score (6 points) bien aidés, il faut le dire, par la maladresse au pied d’O’Gara. Au contraire d’un Owen Farell impressionnant de maîtrise, inscrivant les douze points de son équipe et permettant ainsi à cette dernière de s’imposer à Dublin (12-6). Un endroit où elle n’avait plus gagné depuis dix ans. En 2003, l’Angleterre avait réussi… le Grand Chelem. La bande à Farell est bien partie pour tout détruire sur son passage.

De flamboyants écossais
Face aux anglais, on les avait quittés comme à l’accoutumée. Accrocheurs mais limités. Si bien qu’on voyait déjà les écossais se battre pour éviter la cuillère de bois. D’autant plus que les italiens, leurs principaux adversaires, s’étaient imposés d’entrée à l’Olimpico, le week-end dernier. Le match avait donc une importance capitale pour le XV du Chardon et Murrayfield ne s’est pas trompé. Les choeurs écossais ont donné le « la » à leur équipe avec un magnifique Flowers of Scotland. On savait les calédoniens joueurs, brillants en attaque. Ils nous ont offert un récital samedi après-midi. En inscrivant quatre essais par l’intermédiaire de Vissier (29e), Scott (43e), Hogg (47e) et Lamont (69e), l’Ecosse a détruit rapidement les illusions italiennes de bien figurer dans ce match. Dès la demie-heure de jeu, les calédoniens étaient hors de portée des hommes de Jacques Brunel (13-0 29e). On leur avait promis les pires difficultés face à de vigoureux italiens, notamment en mêlée et sur les coup de pied. Il n’en a rien été. On a vu les écossais avancer en mêlée et récupérer de nombreux aériens pour finalement surclasser la Squadra (34-10). Le spectre de la cuillère de bois est déjà loin.

Le pays de Galles, enfin…
Huit matchs qu’ils attendaient cela. Certes, pas la plus belle. Mais une des plus importantes, en tout cas pour le moral. Cette victoire, arrachée face à de tristes tricolores, va leur donner une bouffée d’oxygène que n’aurait refusé en aucun cas Rob Howley, sélectionneur plus qu’intérimaire du XV du Poireau. Les gallois avaient été cueillis à froid dans leur jardin le week-end dernier, avant de se réveiller trop tard. Cette fois-ci, point de festival offensif (vague souvenir d’un temps pourtant pas si lointain), mais une défense de fer. Et un réalisme chirurgical. Comme le coup de pied de Biggar, pourtant assez brouillon auparavant, à destination d’un North résistant au retour de Trinh-Duc pour s’en aller plonger dans l’en but. Tout cela à un moment crucial (72e 6-13) d’une rencontre fermée à double tours. Halfpenny se chargera d’enterrer les derniers maigres espoirs français en passant une pénalité synonyme de victoire pour les vainqueurs du Grand Chelem 2012 (76e 6-16). Le dragon rouge est encore en convalescence, il recommence tout doucement à cracher du feu. A confirmer dans deux semaines en Italie.

France-Pays de Galles

LES FLOPS

Le coq français a deux plombs dans l’aile
Après la défaite peu flatteuse face à la Squadra, l’équipe de France nous a sorti de belles phrases tout au long de la semaine. Mais à trop les entendre rabâcher les uns après les autres, on pouvait se demander si les joueurs français n’essayaient pas de s’autopersuader avant de nous persuader. « Relever la tête », « mettre le casque à pointe ». Certes, en défense, on a vu plus de volonté, plus de férocité. Mais celle-ci a craqué une fois (72e), une fois de trop. Puisque dans l’animation offensive, il n’y a quasiment rien eu, à part des approximations et des mauvais choix qu’on ne devrait jamais voir à ce niveau. Comment expliquer qu’une équipe qui fait un sans faute en touche et qui est solide en mêlée laisse l’initiative à son adversaire, qui plus est à domicile ? Une des réponses semble être le jeu au pied qui, une nouvelle fois, a été défaillant. Le XV de France a souvent joué trop court et a rendu le ballon à des gallois qui n’en demandaient pas tant. Les ballons de récupération ont été « massacrés » comme l’a constaté lui-même Philippe Saint-André. Hormis entre la 20e et la 30e, les bleus n’ont jamais réussi à mettre du rythme, seul Mathieu Bastareaud avançant avec le ballon. A 6-6 dans le dernier quart d’heure, la France aurait dû serrer davantage le jeu, s’appuyer sur ce qui fonctionnait : la touche, le maul, la mêlée. On l’a vue jouer à l’envers, se faisant des passes en arrière. En arrière il faut regarder pour s’apercevoir que les tricolores réalisent leur pire entame de Tournoi depuis qu’il y a six équipes. Et voici que le Crunch se profile. Good luck au « commando ».

La Squadra attendra pour franchir le cap
Et si Pierre Camou avait eu raison en parlant d’exception française. Et si les italiens se faisaient un malin plaisir à ne battre que les français chez eux. Alors que Jacques Brunel attendait du déplacement en Ecosse une confirmation des bonnes dispositions entrevues le week-end dernier, il a pu apercevoir le chemin qui lui restait à accomplir pour passer le cap des deux victoires consécutives, déjà réussi en 2007. La Nazionale du technicien français a tout simplement été surclassée par le XV du Chardon, ce dernier lui donnant une leçon en terme d’animation offensive. Et même si les italiens n’ont jamais fermé le jeu, ils n’ont réussi à trouver la faille qu’en toute fin de partie. Le capitaine Sergio Parisse trouvant d’une passe aveugle son centre Zanni pour l’essai de l’honneur (74e). Pas suffisant pour éviter à la Squadra une lourde défaite (34-10) face à l’adversaire qui paraissait le plus abordable après leur victoire face à la France. Il va falloir maintenant s’appliquer à bien figurer dans la suite du Tournoi qui s’annonce compliquée : pays de Galles, Angleterre et Irlande. Pour éviter que la France soit une exception et montrer que l’Italie progresse.

A lire aussi : L’acte I du Tournoi des 6 nations 2013

Crédit photos : AFP/site officiel de la Fédération Galloise de rugby

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