Tournoi des 6 nations, les tops et flops : acte III

L’acte III de ce Tournoi des Six Nations 2013 a pris fin. Un favori rouleau compresseur, un dragon retrouvé et un guide écossais nommé Laidlaw. Fofana aurait pu être celui du XV de France qui continue, quant à lui, son chemin de croix et devra (encore) réagir lors de la prochaine journée face à une Irlande marquant le pas.

LES TOPS

Le rouleau compresseur anglais
Même ménée à la pause (9-10), même sans un grand Owen Farell, l’Angleterre l’emporte. Samedi, le XV de la Rose a été bousculé, a mis un genou à terre mais n’a jamais cédé face au coup de boutoir des Bastareau, Fofana and co. Bien au contraire, on a vu le rouleau compresseur anglais se mettre en marche un peu avant l’heure de jeu. Dans leur antre de Twickenham, les anglais ont d’abord fait le dos rond avant de revenir progressivement dans la partie et au score, profitant de l’indiscipline française (48e, 12-10). L’essai «casquette» de Manu Tuilagi mettra ensuite définitivement les hommes de Stuart Lancaster sur les bons rails. Sur une récupération de balle haute, les tricolores n’arrivent pas à sécuriser la balle. Un pied anglais passe par là et envoie de manière involontaire la balle dans les bras de Tuilagi qui n’a plus qu’à enclencher pour aller aplatir dans l’en-but (54e, 17-10). Malgré de valeureux français, les remplaçants anglais ont pris la mesure de leurs homologues tricolores qui n’ont, quant à eux, rien apporté. Flood, entré en jeu à la place d’un Farell passé à côté de son match, tuera définitivement le suspense en passant deux buts (73e et 76e, 23-13) synonyme de victoire. Avec ce troisième succès d’affilée, le Grand Chelem se rapproche.

Le pays de Galles est toujours là
Et si le XV du poireau remportait ce tournoi des Six nations. Après leur défaite initiatique face à l’Irlande, on avait presque enterré ces diables rouges. Force est de constater qu’avec deux victoires à leur compteur, les gallois sont toujours en position de coiffer tout le monde. Et si le succès sur de tristes tricolores avait été pour le moins laborieux (6-16), cela ne fut pas le cas samedi. A Rome, les gallois en ont imposé. Avec une mêlée robuste et un buteur prolifique, le XV du poireau a verrouillé la première période de ce match joué sous une pluie battante (9-6). Le second acte a été bien plus animé. Dès le retour des vestiaires, jeu de pied très intelligent des gallois et c’est le centre Jonathan Davies qui s’en va placer la première banderille galloise, sans opposition (45e, 16-6). Halfpenny donne ensuite la réplique à Burton avant que le dragon rouge ne se remette à cracher le feu. Après l’expulsion temporaire du pilier italien Castrogiovanni, les trois-quarts gallois font parler leur classe pour décaler l’un des leurs, Alex Cuthbert, pour l’essai en coin, transformé (61e, 26-9). Le rideau est définitivement tiré. Après huit défaites d’affilée, la troupe de Rob Howley enchaîne une deuxième victoire qui leur permet de rêver à la victoire dans ce Tournoi.

Ecosse-Irlande

Laidlaw guide des écossais héroïques
Douze ans que l’Ecosse attendait cela. Douze ans qu’elle n’avait pas gagné deux matchs consécutifs dans le Tournoi. Après l’Italie il y a deux semaines, l’Irlande a connu la loi de Murrayfield ou plutôt celle de Greig Laidlaw. Les calédoniens peuvent remercier leur buteur. C’est lui qui, à la 52e, réveilla tout un peuple resté, jusque là, sans voix face à la bulle infligée par les irlandais (3-8). C’est toujours lui qui ramena ses coéquipiers sur les talons des irlandais avant de leur permettre de passer, pour la première fois, devant (60 et 64e, 9-8), récompensant le bel effort de ses avants. C’est encore lui qui occupa à merveille le terrain pour défendre ce point d’avance. C’est enfin lui qui donna une bouffée d’air qui s’avérera victorieuse en passant une pénalité à 6 minutes de la fin (74e, 12-8). La défense écossaise fera le reste. Elle a écoeuré un XV du Trèfle qui se jeta à corps perdu dans l’offensive dans les dernières minutes. Héroïque. Ce qui fait que l’Ecosse peut toujours prétendre à la victoire dans ce Tournoi. Un rêve pour tout un peuple.

LES FLOPS

L'Angleterre prend l'ascendant sur les BleusJamais deux sans trois
Cet adage semble convenir à merveille au XV de France. Pendant près d’une heure, les tricolores ont imposé leur jeu à Twickenham. Mais le constat est amer : avec trois défaites au compteur, les bleus sont derniers du Tournoi. Agressive, la France a attaqué ce Crunch tambour battant. Présents dans les zones de combat et excellents en conquête, les français ont pris à la gorge des anglais parfois dépassés. Malheureusement, malgré les percussions de Louis Picamoles, par ailleurs impérial dans les airs, et les relances tranchantes de Yoann Huget, les avancées françaises ont longtemps été ternies par un manque d’adresse ou de précision. Avant cette 29e où Wesley Fofana laissa Twickenham sur place. Servi par Mathieu Bastareaud, le centre tricolore se trouve à soixante-cinq mètres de l’en-but adverse. Par trois raffuts et deux accélérations complétées par un numéro d’équilibriste, le clermontois renvoie cinq anglais à leurs études pour aller inscrire le seul essai de la première mi-temps. Un véritable exploit qui vient confirmer sa volonté d’être positionné au centre plutôt qu’à l’aile. Parra, formant samedi une belle charnière avec Trinh-duc, se chargera de transformer l’essai, permettant ainsi à la France de virer en tête à la mi-temps (9-10). Mais, dès le retour des vestiaires, les anglais vont punir l’indiscipline française et reprendre le score pour ne plus le quitter, les français devenant de plus en plus fébriles. L’essai de Tuilagi a très certainement cassé le moral du XV du France, qui commençait à plonger physiquement. Surtout, le coaching a été inopérant, le banc anglais avalant littéralement les remplaçants français. Et la cuillère de bois est sur toutes les lèvres avant un déplacement périlleux en Irlande.

L’Irlande marque le pas
Après leur victoire probante face aux pays de Galles en ouverture du Tournoi, on avait fait des irlandais de potentiels vainqueurs voir chemelars. Force est de constater qu’on ne peut pas en dire autant aujourd’hui. L’Angleterre est passée par là. L’Ecosse également. Et c’est plus étonnant. Pourtant, tout était bien parti à Murrayfield, dimanche. Dans tous les compartiments du jeu, les feux étaient plus qu’au vert durant la première période. Mais, les irlandais ont dû attendre la 36e et une pénalité pour voir cette domination se concrétiser (0-3 à la mi-temps). C’est au retour des vestiaires que le XV du Trèfle trouve enfin la faille après une large offensive amorcée par O’Brian et conclue par le virevoltant ailier Gilroy (44e, 0-8). On pense alors que les irlandais vont dérouler. Mais c’était avant que les calédoniens et Laidlaw enclenchent la seconde. Et que la troupe de Declan Kidney se mette à déjouer. Indisciplinée au sol, incapable de mettre son jeu en place, elle voit l’Ecosse prendre les devants au score pour ne plus le quitter. L’Irlande, prochain adversaire des bleus (9 mars), a montré ces limites. Pas une mauvaise chose avant le déplacement des tricolores à Dublin.

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Crédit photos : Sites officiels des Fédérations Anglaise et Irlandaise de rugby

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