La 100e du Tour : des lieux et des histoires (4/10)

schleck_izoard_coverLes plus nostalgiques diront que les coups de panache, c’est du passé ! Il est vrai que le cyclisme moderne a évolué. Mais ce n’est pas pour autant que les grands moments de sport sont révolus. En 2011, Andy Schleck anticipe l’arrivée au sommet du Galibier pour s’imposer de façon magistrale. Alors que le Luxembourgeois est actuellement en phase de reconstruction, Culture Sport revient sur sa plus belle victoire, un succès à l’ancienne !

Izoard, légende alpestre

Bien qu’il soit redoutable, l’Izoard n’est pas le col le plus difficile de France, encore moins des Alpes. Mais l’atmosphère particulière offre un charme qu’aucun autre col ne pourrait imiter. La Casse Déserte, situé à quelques encablures du sommet plonge les coureurs et spectateurs dans un paysage lunaire. Ses pitons rocheux transportent le peloton dans une autre dimension. Pourtant,  on est proche du parc naturel du Queyras, un domaine bucolique. C’est la particularité de l’Izoard : on quitte la verdure alpestre pour progresser en enfer. Car la chaleur de juillet réserve son lot de difficulté supplémentaire.  Le versant sud – plus souvent escaladé que son voisin du nord – est particulièrement mythique. Car au moment de basculer vers la descente, on quitte ce no man’s land pour rejoindre à vive allure Briançon, la ville la plus haute d’Europe. En quelques minutes, on redescend sur terre. Toutefois, le décor conserve sa grandeur. L’homme est petit dans la splendeur de la montagne. C’est dans ce cadre que chaque été, le peloton du Tour de France pose ses valises car la région est aussi le juge de paix de l’épreuve. La situation géographique de l’Izoard est stratégique : le col constitue le lien entre Alpes de Provence et les Hautes-Alpes. Au sud, il débouche sur le Col Agnel ou le lac de Serre-Ponçon. Au nord, c’est un tremplin vers le Lautaret et son grand frère le Galibier. C’est dans ce sens qu’eut lieu l’une des étapes les plus spectaculaires du cyclisme contemporain. C’était en 2011 avec un certain Andy Schleck…

Andy : au diable l’attente !

Preuve que le cyclisme du spectacle n’est pas révolu, c’est l’un des coureurs les plus attentistes du peloton qui a dynamité la course. Nous sommes le 21 juillet 2011. Thomas Voeckler, maillot jaune sur le dos, revis son rêve éveillé de 2004. Il a déjà passé le massif pyrénéen et tente l’impossible : traverser les Alpes et fouler les Champs-Elysées avec son beau tricot doré. Le peuple français est mobilisé derrière son poulain. Mais les ténors du classement général vrombissent d’impatience. Si Cadel Evans peut se permettre d’attendre Grenoble et son chrono, les frères Schleck n’ont plus le choix : les deux dernières étapes de montagne sont décisives ! Si Fränk doit remonter plus de quatre-vingt secondes, son frère cadet accuse un retard de plus de deux minutes ! Tout en sachant qu’il faudra anticiper l’effort solitaire du samedi précédant l’arrivée, les Grands Ducaux n’ont pas le choix : il faut anticiper. Et le parcours proposé en ce jeudi y est propice. Au départ de Pinerolo, le peloton doit franchir le col Agnel, l’Izoard, et terminer la chevauchée au sommet du Galibier. Si le premier col fait mal aux jambes et aux poumons – l’altitude de 2744 mètres empêche une respiration adéquate – elle ne bouscule pas la hiérarchie. Mais dès l’Izoard, Andy Schleck surprend la concurrence. Il attaque, joue son va-tout, et tente de semer ses poursuivants. Plutôt que d’attendre le Galibier, il espère ainsi creuser un écart important et ravir la tunique jaune. La stratégie est judicieuse : le Luxembourgeois retrouve son équipier Monfort en tête tandis qu’Iglinskiy – futur vainqueur du Liège-Bastogne-Liège – a l’honneur de franchir en premier le GPM. Poursuivant à tombeau ouvert sa folle aventure, Andy Schleck parviendra à ses fins en s’imposant au sommet du Galibier. Derrière, Evans limite la casse et Voeckler résiste encore et toujours. Même s’ils auront porté chacun le maillot jaune, ni le Luxembourgeois, ni le Français ne seront les vainqueurs finaux ! Ce sera ce vieux renard d’Evans qui aura le dernier mot !

About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

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