Euskaltel, des oranges à recycler

995713_546187022106157_545892553_nEn 2012, Rabobank annonçait son retrait des pelotons professionnels. Les oranges néerlandaises laissaient le monopole de la couleur aux collègues basques d’Euskaltel. Mais le monde du vélo prend un nouveau coup sur la tête avec l’arrêt de la formation chère à Igor De Galdeano. Si la rumeur enflait au fil des mois, l’officialisation est tombée cette semaine. Alors que la Vuelta débute ce samedi, la course ibère sera la trame d’un recyclage des coureurs. Explications.

Plutôt arrêter que perdre son âme

On sentait la mauvaise nouvelle déferler. Déjà, douze mois plus tôt, Euskaltel, l’emblématique formation basque, changeait sa politique de recrutement. Auparavant déterminée à limiter son effectif aux coureurs locaux, la direction n’avait plus d’autres choix que d’accueillir des étrangers pour obtenir de précieux points cruciaux dans le maintien parmi l’élite, au risque de perdre la légendaire particularité. Oui, Sanchez, Asturien, était déjà présent depuis belle lurette dans la structure orange. Mais le champion olympique de Pékin avait été formé en terre basque. Même parcours pour le Vénézuélien Etxebarria. Or, depuis janvier, des garçons tels que Lobato, Andalou, ou Tamouridis, champion de Grèce, ont posé leurs bagages dans le giron orange. Si ces derniers ont été plutôt bien intégrés, la mayonnaise prend plus difficilement pour Kocjan – en proie à des soucis de santé récurrents – ou Tarik Chaoufi. Le Marocain n’est d’ailleurs plus membre de la formation ! La structure, déjà en mal avec certains arrivants, devait se soucier également des finances. La crise économique n’a pas épargné le Pays Basque et Euskaltel. Le sponsor fidèle de quinze années ne peut collaborer plus longtemps avec la fondation Euskadi. De Galdeano était en pourparlers avec « trois repreneurs potentiels », dont Oleg Tinkov. Le sulfureux mercenaire russe, en divorce avec Saxo Bank, recherche une licence pour monter sa propre équipe. Mais la direction a refusé la proposition du banquier car celui-ci ne promettait aucun avenir pour les cadres de l’équipe. Le choix se précisait donc : il fallait annoncer l’arrêt le plus tôt possible pour libérer les coureurs les plus fidèles.

Sauve qui peut !

Car l’employeur a donné le champ libre à l’ensemble de son effectif au sortir du Tour de France. Mais des garçons comme Romain Sicard ne voulaient rien entendre, espérant un repreneur jusqu’au bout. Maintenant, il faut se rendre à l’évidence, il va falloir discuter avec les managers. Pour les stars de l’équipe, il ne devrait y avoir aucun problème : les frères Izagirre seraient en partance vers Movistar, Sanchez serait dans les petits papiers de Bjarne Riis, tout comme Nieve qui analyse également les dossiers Lampre et Astana. La formation kazakhe s’intéresse aussi au jeune Landa et à Anton, lequel hésiterait avec la proposition de Guiseppe Saronni pour épauler Cunego et compagnie. Car les leaders d’Euskaltel vont perdre leur statut pour un rôle d’équipier de luxe. Quant aux porteurs d’eau, leurs chances de perpétuer l’aventure parmi l’élite sont minimes. En effet, sans Euskaltel qui forme les Basques, ils n’auraient eu aucune chance d’intégrer le peloton professionnel. Leur avenir s’assombrit et la relégation vers des équipes de troisième division semble inévitable. Sauf… sauf si la chance leur sourit ! Car la Vuelta commence ce samedi. Euskaltel y aligne pour la première fois ses trois pions majeurs que sont Sanchez, Nieve et Anton. Landa, promis à un bel avenir sera également de la partie. Pour les cinq coureurs qui complètent la sélection, la course espagnole sera leur salut, la dernière occasion de se faire remarquer du grand public. Sicard, en difficulté depuis son passage dans le rubicond, semble remonter à la surface sur base des résultats obtenus sur l’Eneco Tour. Des Oroz ou Verdugo pourront-ils en faire de même ? Et sera-ce suffisant pour trouver un nouvel employeur ? Et que dire du staff technique ? Une trentaine de médecins, soigneurs, mécanos, attachés de presse, secrétaires, et autres directeurs sportifs seront sur la touche. Pour eux, leurs moyens d’intéresser une équipe sont bien plus minces ! La disparition d’Euskaltel ne se limite pas à la perte d’une touche orangée dans le peloton, c’est aussi un drame social !

Crédit photo: Élise Eymeri – Culture Sport photos

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About Julien Detroz

Conseiller de rédaction Culture Sport Journaliste Culture Sport cyclisme Journaliste en cyclisme Sudpresse Journaliste sportif La Meuse Namur Journaliste sportif MAtélé Facebook: Julien Detroz Twitter: @juliendetroz Admirateur de Rodrigo Beenkens. Affamé de sport et fervent suiveur du cyclisme. Journaliste qui n'hésite pas à mouiller le maillot, sur un vélo. Croque la vie à pleine dent. « Fais de ta vie un rêve et d'un rêve, une réalité. »

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