Spéciale derby Basque – Duel de speakers : Jean-Louis Berho VS Stéphane Decomble

Le 105ème derby de l’histoire entre le Biarritz Olympique et l’Aviron Bayonnais pourrait bien être un des derniers, avant un petit moment, en Top 14, si un des deux clubs descend… A moins que la 106ème rencontre ne se dispute en Pro D2 ? Pour illustrer ce match à enjeu, nous sommes allés à la rencontre des speakers. A ma gauche, Jean-Louis Berho pour le BO, à ma droite, Stéphane Decomble pour l’AB.

Culture Sport Jean-Louis Berho et Stéphane Decomble

Depuis quand suivez-vous le rugby ?

Jean-Louis Berho : Je suis tombé dans le rugby et le sport en général (football en particulier) dès ma plus tendre enfance. Né à Saint-Jean-de-Luz, j’ai été tout de suite été un fier supporter du SJLO. J’ai vu mon premier match en 1961, c’était un SJLO-Peyrehorade Sports. Ensuite lorsque le SJLO était en déplacement lors de mon adolescence, je partais voir des matchs à Aguilera ou… à Saint Léon et je me régalais ! Passionné de rugby et de football, je peux réciter toutes les finales du championnat de France de rugby et les finales de la Coupe de France de Football avec quelques compositions d’équipe…

Stéphane Decomble : Une quinzaine d’années. C’est un hasard et il n’était prévu que je me passionne autant. A l’époque je suis allé remplacer au pied levé le speaker du club de Tarbes qui était souffrant. Finalement j’y suis resté deux ans, puis la Section Paloise et depuis dix ans maintenant l’Aviron Bayonnais. Dix ans ou un peu plus…

Pourquoi avez-vous décidé de supporter votre club en particulier ?

Jean-Louis Berho (Biarritz Olympique) : Les hasards de la vie… La vie m’avait amené à Biarritz alors j’allais voir le BO comme j’allais voir l’Aviron. Etais-je vraiment supporter ? Plutôt un amateur de rugby… Je me régalais sur les deux stades !

Stéphane Decomble (Aviron Bayonnais) : J’y suis d’abord venu pour mon métier d’animateur, c’est après que ça se gâte ! Le public est vraiment sympa, les joueurs sont valeureux, l’ambiance, le stade, le suspens ! L’Aviron est un club attachant, le virus se contracte très vite et après c’est foutu ! Où que j’aille on me parle de l’Aviron, c’est incroyable. Et puis je suis un peu un gars du coin ! Bayonne correspond à une époque de ma vie où j’étais interne à St-Bernard. Je venais courir tous les soirs avec mon prof de sport sur la piste cendrée du stade Saint Léon. Si on m’avait dit…

Le derby, ça évoque quoi pour vous ?

Jean-Louis Berho : Le derby c’est une semaine d’ennuis. Le derby, ça me saoule. Quand je rencontre des gens, ils croient toujours me faire plaisir en me parlant de l’Aviron ou du BO. Je déteste le derby. C’est la foire à la bêtise et à l’intolérance. Pour ceux qui n’ont pas fait Science Po (je suis de ceux-là), le derby est l’illustration idéale des germes des plus gros conflits fratricides de notre histoire. Le derby, c’est toujours les mêmes vannes lourdes et idiotes. Les matches sont de qualité moyenne voire médiocre. Et que dire des lendemains de défaite ? Ce ne sont pas des lendemains mais des semaines et des mois insupportables… Comment peut-on parler de derby alors que sur la pelouse vingt joueurs sur trente sont étrangers ? Le derby c’est l’opium du peuple, tant que l’on parle de rugby, on ne…

Stéphane Decomble : Une épice formidable ! Une saine rivalité ! Le crunch pimenté version Basque ! Ça fait parti du sport de se chambrer, de se provoquer, de défendre ses valeurs, ses couleurs et son histoire. Dans un derby c’est multiplié par deux. Au Pays Basque c’est multiplié par dix ! Je dois avouer que j’aime la tension qui entoure ces rencontres et j’adore l’après derby, surtout quand l’Aviron gagne !

Quel a été, pour vous, le derby le plus marquant de l’histoire ?

Jean-Louis Berho : Incontestablement, le derby de 1995 à Aguilera. Les deux clubs n’allaient pas très fort. Ils étaient réunis avec Chateaurenard et Saint Paul-lès-Dax dans une poule de la Coupe Moga, sorte de poule de rattrapage pour que le premier accède à la première Elite du rugby français, la saison suivante. Le scénario fut incroyable : le dernier match joué à Aguilera devait décider de l’élu. A Biarritz, l’Aviron s’est imposé 9-8 grâce à un super Titou Lamaison. L’Aviron ferait partie des Grands, le BO rejoindrait le Groupe B, une deuxième division qui cachait son nom. A la fin du match, les supporters bayonnais se sont réunis au centre de la pelouse pour danser un fandango vainqueur. Je n’oublierai jamais cette image terrible, mais naturelle. Nous aurions fait la même chose…

Stéphane Decomble : J’ai le souvenir d’un derby qui se jouait à Aguilera, il y a quelques années. Je ne pouvais pas être présent au stade car j’avais une animation ce jour-là. J’ai passé l’après-midi avec une oreillette à écouter la radio. L’Aviron a gagné dans les derniers instants et j’étais en pleine forme pour finir mon animation. Les frissons à distance c’est bien aussi !

Ce derby pourrait bien être le dernier avant un moment, si un des deux clubs descend. A moins qu’un derby ne soit disputé l’an prochain mais en Pro D2…

Jean-Louis Berho : Plus de derby dans l’immédiat, tant mieux… Mais j’ai bien peur que le répit ne soit que de courte durée…

Stéphane Decomble : On peut imaginer plusieurs combinaisons effectivement… Je préfère voir les combinaisons de jeu sur le terrain et encourager les joueurs ! Je ne me projette pas dans ces hypothèses d’autant que je suis confiant.

Pensez-vous que votre club parviendra à se maintenir en Top 14 ?

Jean-Louis Berho (Biarritz Olympique) : Il ne faut pas rêver. Bien sûr, tant qu’il y a des matchs, l’espoir est permis. Il faut être réalistes. Notre malheur actuel est une chance en soi pour préparer la saison future et rebondir au plus vite…

Stéphane Decomble : Je suis certain que oui ! L’équipe en a les moyens et a gagné en sérénité même dans les moments compliqués. On l’a vu sur les dernières rencontres. Le public est un incroyable soutien dont tous les clubs doivent rêver. Pottoka ne s’assagit pas, alors OUI, on va se maintenir dans ce Top 14 complètement dingue ! On peut parier si vous y tenez !

Etes vous pour ou contre la fusion ?

Jean-Louis Berho : Je vous répondrai par un exemple. En 1974, la finale du championnat opposait deux voisins qui dominaient le rugby en France : Béziers et Narbonne. Les deux clubs avaient les meilleurs joueurs. Si avant la finale, on leur avait dit que quarante ans plus tard, ils seraient remplacés dans l’Elite par Montpellier, qui rugbystiquement sera crée en 1986, ils ne l’auraient pas cru. A vous de conclure…

Stéphane Decomble : Quelle fusion ?

D’où vous est venue cette envie de devenir speaker ?

Jean-Louis Berho : J’étais animateur sur une radio libre. En 1984, le BO cherchait un speaker. Un collègue de travail, dirigeant du BO m’a demandé si je voulais essayer. J’ai débuté par un BO-Boucau Stade en Challenge de l’Espérance puis par une défaite à domicile en championnat face à… Hyères (9-13). Depuis j’ai fait tous les matches et j’ai connu des joies extraordinaires. Je dois aller vers mes 600 matches.

Stéphane Decomble : Hasard professionnel ! Au départ, il y a de l’animation radio puis l’animation d’événements. J’anime des salons, des congrès, des séminaires partout en France. Cette activité de speaker est devenue une priorité dans mon planning. L’Aviron passe avant tout le reste dans le choix des événements que je dois animer. Je suis amené à me déplacer souvent mais je veux être là le jour des matchs quoi qu’il arrive ! L’an dernier j’ai animé un match en m’étant cassé le sternum la veille sur une autre animation ! Je m’en souviendrai ! J’en profite pour saluer Jean-Louis Berho dont la rumeur court qu’il pourrait arrêter. C’est une sacrée encyclopédie, chapeau !

Supportez-vous une autre équipe Basque en Fédérale, par exemple ?

Jean-Louis Berho : Bien sûr, je suis un supporter inconditionnel du SJLO dont j’ai vu tous les matches au Pavillon Bleu entre 1961 et 1981. Quand je peux, je vais aux matches encourager les Luziens et saluer son talentueux speaker. Le club m’a réservé un sacré hommage lors du derby face à Hendaye. J’ai été très ému. Encore merci…

Stéphane Decomble : Le rythme de travail me laisse peu de temps pour aller voir d’autres matchs. Mais j’ai quelques amis qui jouent au rugby au Pays Basque ou ailleurs. Alors je jette un œil sur les résultats et on débriefe de temps en temps !

Crédit photos : DR

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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