La claque Galloise met un terme aux rêves de Grand Chelem

L’acte III du tournoi des VI nations vient de se terminer. Au menu, quatre équipes à deux victoires grâce au succès des anglais sur les irlandais, un drop bien senti de Duncan Weir, et des français stoppés au rouge par des gallois emmenés par un immense Warburton. Les tops et le flop, c’est ici. C’est maintenant.

Les tops

Sam Warburton ou la rébellion galloise

Après la leçon prise en terre irlandaise il y a deux semaines, les doubles tenants du titre devaient se reprendre rapidement. Dans ce cadre, la venue du XV de France au Millenium de Cardiff apparaissait déjà comme cruciale. Et Warren Gatland n’a pas fait dans la demi-mesure pour piquer à vif ses troupes. Le sorcier gallois n’a pas hésité à mettre sur le banc son demi de mêlée, Mike Philips, peu en réussite contre les irlandais. Surtout, il a su galvaniser ses joueurs, qui le lui ont bien rendu à l’image de son tonitruant capitaine Sam Warburton. L’athlétique troisième ligne gallois a sûrement dû se faire rappeler la dernière Coupe du monde et son carton rouge face aux français en demi-finale. En tout cas, il a montré le chemin en faisant preuve d’une détermination sans faille. Sur les phases défensives, il n’y avait qu’à voir comment il bondissait telle une panthère sur chaque ballon au moins pour le contester, sinon pour le récupérer. Et bien que North montra en premier les griffes sur une mésentente de la défense française (10-0, 6e), c’est encore lui qui achèvera les Tricolores en étirant le bras jusqu’à la ligne d’en-but, après une percée plein axe (27-6, 64e). Grâce à leur capitaine, les gallois, jusqu’alors survoltés sans être exceptionnels, pouvaient définitivement voir venir. Vendredi soir, ils ont maîtrisé leur sujet, étant plus rapides dans tous les domaines. Vendredi soir, c’étaient eux les professeurs.

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La maîtrise anglaise

Les irlandais arrivaient à Twickenham avec de grandes ambitions. Après la défaite de la France face au pays de Galles, ils étaient les seuls à encore pouvoir rêver du Grand Chelem. Malheureusement, au cours d’un match d’une intensité rare, avec très peu de déchet, ils se sont cassés les dents sur un XV de la Rose plein de maîtrise. Depuis sa seconde période à Paris, l’Angleterre impressionne de part sa solidité, son organisation, sa pugnacité et cela s’est confirmé samedi après-midi. Les hommes de Lancaster ont d’abord mis presque trente minutes à faire sauter le verrou irlandais par l’intermédiaire d’Owen Farrell (3-0, 24e), avant de voir des irlandais pleins d’énergie les cueillir à froid au retour des vestiaires. Après une pénaltouche, le ballon revenait au centre et Heaslip feintait intelligemment sur l’extérieur pour finalement servir à l’intérieur Kearney qui s’en allait marquer (3-7, 42e). Loin de commencer à douter, les anglais repartaient au combat et au terme d’un beau mouvement initié par le dynamitant Danny Care et poursuivi par l’arrière Brown, on retrouvait Care qui concluait entre les poteaux (13-10, 56e). Malgré l’héroïsme des irlandais qui lançaient alors toutes leurs forces dans la bataille, quitte à avoir des crampes, la défense anglaise ne laissera plus rien passer. Les irlandais ne peuvent plus penser au Grand Chelem. Les anglais, quant à eux, peuvent toujours rêver de gagner le tournoi, tout comme leurs hôtes du jour, la France et le pays de Galles.

Le drop bien senti de Duncan Weir

L’Ecosse pouvait avoir peur de son déplacement à Rome. Peur de voir se profiler la cuillère de bois, tant ses deux premières prestations dans le Tournoi avaient démontré son incapacité à inquiéter ses adversaires. Surtout, tant les italiens, bien qu’avec également deux défaites au compteur, s’étaient montrés solides et prêts à en découdre avec les cadors. Et c’est d’ailleurs les hommes de Philippe Brunel qui vont vite prendre le large grâce à leur demi de mêlée Allan, au four et au moulin durant la première mi-temps, puisque c’est lui qui marquera tous les points de son équipe dont un essai (13-3). La réaction écossaise était attendue et elle est venue de Dunbar. Le centre écossais a signé un doublé (54e et 68e), permettant au XV de Charbon d’abord de revenir au niveau puis de dépasser la Nazionale (13-18, 68e). Cet avantage va cependant être de courte durée puisque les Transalpins, sur l’action qui suit, vont jouer l’avantage et créer le décalage qui va lancer le deuxième ligne, reconverti en ailier pour l’occasion, Furno vers l’en but (20-18, 71e). Vient alors la dernière mêlée aux abords de l’en but italien. Le pack écossais garde le bénéfice du ballon. Denton et Gray chargent pour libérer la voie à Weir qui déclenche alors le drop synonyme de victoire pour les calédoniens (20-21). Cela faisait depuis le 23 juin 2012 que les écossais n’avaient plus gagné à l’extérieur. Le XV du charbon laissent les italiens seuls avec trois défaites en autant de rencontre dans le Tournoi.

Le flop

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Des français stoppés au feu rouge

Sous l’ère PSA, les français n’ont jamais battu les gallois. Mais, ils ne s’étaient jamais fait humilier comme vendredi soir (27-6). Pourtant, on pouvait penser que le XV de France arrivait avec des certitudes à Cardiff, fort de ses deux succès en autant de rencontres en 2014. Que nenni ! Manquant cruellement d’envie par rapport à des gallois affamés, les Bleus se sont fait assommer d’entrée, dès-fois par eux-mêmes, à l’image de Brice Dulin qui, percuté par le genou de Doussain, relâchait le ballon au grand bonheur d’un North à l’affût. Indisciplinés, les français étaient presque tout le temps punis par ce pied fouettard d’Halfpenny, beaucoup plus en réussite que son homologue français. A la mi-temps, l’addition était déjà salée : 20-6. Au retour des vestiaires, les hommes de PSA, revenus avec forcément de meilleures intentions, se trouvaient dans l’obligation de courir désespérément après le score. Ce qu’ils firent, malheureusement de manière trop désorganisée pour pouvoir mettre le moindre point aux gallois durant le second acte… Même si la charnière Machenaud-Talès apporta davantage de sécurité que celle Doussain-Plisson, le carton jaune de Louis Picamoles (62e) avait déjà marqué la fin des espoirs tricolores. On parlait, voilà maintenant deux semaines, de renaissance française. Vendredi, elle était stoppée au feu rouge. Espérons simplement que ce dernier ne s’éternise pas trop longtemps…

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Crédit photos : page Facebook officielle du Tournoi des Six Nations

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