Philippe Lafon : « Ne plus faire le Tour de France depuis trois ans me manque »

Nous avions déjà parlé rugby avec lui. C’était le mois dernier, après la finale du Top 14 et la tournée estivale des Bleus en Australie. Cette fois, rien avoir avec le ballon ovale. Place au cyclisme et plus particulièrement au Tour de France. Philippe Lafon était, pendant de nombreuses années, inclus au dispositif de France Télévisions sur la Grande Boucle. Il réalisait un billet quotidien, en immersion dans une équipe du peloton. Depuis trois ans, il n’est plus au rendez-vous du Tour. Il vous raconte pourquoi et quelle expérience il en retient.

Partie 3 : le Tour de France

Culture Sport Philippe Lafon Tour de France

Philippe Lafon ici avec Hans-Michael Holczer, ancien manager de l’équipe Gerolsteiner, lors du Tour de France 2007

Vous êtes allé dans les voitures de nombreux directeurs sportifs, vous avez également animé « Le film du Tour » pendant deux éditions, est-ce que l’on va vous retrouver sur les routes de l’hexagone dans le futur ?

Non, ça fait trois ans que je ne fais plus le Tour de France. La rubrique dont je m’occupais devait changer un peu (*). Nous, ça faisait onze ans que l’on avait créé cette pastille. Nous étions les premiers et les seuls à le faire d’ailleurs. Pouvoir rendre un sujet, sous embargo jusqu’à l’arrivée et le diffuser une heure plus tard, avoir vécu la course au cœur d’une équipe, ça avait peut être pris un petit coup de vieux… Je ne sais pas. Les dirigeants de France Télévisions ont pensé qu’il était utile de faire autre chose et ça été fait, et bien. Donc de ce point de vue là, il n’y a pas à ce plaindre. Après, si je m’engage sur un travail lors d’une compétition, c’est pour y faire quelque chose qui soit (il coupe). Quand on a été aussi proche de la course, on est plus à même de faire les à-côtés ou autre chose. Il vaut mieux laisser la place à quelqu’un qui a l’œil neuf et de nouvelles choses à dire ou à montrer. Et c’est très bien comme cela. De ne plus faire le Tour depuis trois ans me manque. J’aurai bien aimé continuer de le couvrir, mais j’ai cette habitude de travailler en proximité dans les équipes. Elles sont peut être un petit peu plus à distance aujourd’hui… Mais ça reviendra, probablement un jour. Je suis à disposition, il n’y a pas de soucis ! Mais les choses sont claires : à partir du moment où on a fait beaucoup et longtemps, il n’est pas inutile de renouveler le regard.

Est-ce que vous gardez cependant toujours un petit œil sur les résultats cyclistes ?

Oui bien sûr, mais je ne le vis pas de la même façon. J’ai tellement eu l’habitude d’être dans la course, vraiment au plus chaud de l’action. On voyait la course se faire mais aussi se défaire. Un jour, dans un ravitaillement, j’ai vu Thomas Voeckler griller le ravito puis revenir au niveau de la voiture et faire un clin d’œil, l’air de dire : « aujourd’hui c’est pour moi, je vais gagner« . Et ce jour-là, il est parti décrocher le Maillot Jaune qu’il a ensuite gardé quelques jours. Quand on a été à ce niveau là de la compétition, dans le petit secret de la cuisine des équipes, on respectant le secret jusqu’à la ligne d’arrivée… Parce qu’il n’était pas question pour nous de divulguer, en direct, aucune information, puisque c’était le contrat de confiance qui existait entre les différentes formations et nous. Sportivement parlant c’était très important. Nous avons pu au moins montrer un savoir-faire mais aussi la capacité de s’approcher au plus près de la compétition cycliste de haut niveau. Croyez-moi, j’ai vécu des heures absolument extraordinaires à l’avant mais aussi à l’arrière de la course, là où l’on peut voir la souffrance sur un vélo. Tant que l’on ne l’a pas côtoyé comme ça, à la portière, on ne prend pas conscience de tout cela.

(*) Rodolphe Gaudin avait suivi le Team Europcar pendant deux saisons et cette année Arnaud Mattéoli a lancé « Dans la roue d’Ag2r La Mondiale ». Ces deux rubriques ont quelque peu pris la suite.

Partie 1 : le championnat de France 2013/2014
Partie 2 : la nouvelle Coupe d’Europe et la tournée des Bleus en Australie
Partie 4 : la Coupe du Monde de rugby féminine (à lire très prochainement)

Entretien réalisé le jeudi 5 juin aux alentours de 20 heures (*)
Crédit photo : France Télévisions/ina.fr

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About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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