Cyril Cassagne : « On nous a volé une finale »

Sur le terrain, les joueurs de Peyrehorade avaient pourtant gagné leur place en finale du championnat de France de Fédérale 3 (17-15), mais, parce qu’il y a malheureusement un mais, leurs adversaires Annéciens ont petitement porté réclamation auprès de la Fédération Française de rugby. La raison invoquée ? Une mêlée simulée qui a contraint les deux formations à se retrouver une semaine plus tard, à Gruissan (Languedoc-Roussillon), afin de rejouer cette demi-finale, que les verts ont finalement perdue (12-16). Cyril Cassagne, vice-capitaine de l’équipe Landaise, revient sur cette mésaventure et souhaitait mettre les choses au clair pour rétablir la vérité quant aux pseudos débordements commis par les supporters du Pays d’Orthe.

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Cyril Cassagne (n°8), alors capitaine, contre le club Argentin du RC Albatros en mars 2013.

Culture Sport : Quel a été votre sensation en apprenant qu’Annecy souhaitait rejouer cette demie ?

Cyril Cassagne : Une grande déception, d’autant plus que nous avions gagné notre match sur le terrain. Il n’y avait rien à dire, nous avions fait une grosse partie et fait ce qu’il fallait pour décrocher cette place de finaliste. Sur le coup, nous n’avions pas trop compris. Un peu avant la fin de la rencontre, on nous a dit qu’un recours allait peut-être être déposé, par rapport à une mêlée simulée, mais sans prendre cette annonce trop au sérieux. La mêlée s’est déroulée à la 78e minute de jeu et conclue par une pénalité, nous n’avions donc pas trop compris. Finalement, on a vu que ça prenait un peu plus d’insistance durant la semaine. Nos présidents ont même dû monter à Paris, au siège de la FFR, pour défendre le dossier. Ils ont montré des photos et une petite vidéo de la mêlée dans les vingt-deux mètres. Ils ont été écoutés mais pas soutenus. Lorsque nous avons su qu’il fallait rejouer le match nous étions très déçus, très énervés. On a même eu l’idée de ne pas aller jouer ce deuxième match. Finalement, nous nous sommes dit que nous, l’esprit rugby nous l’avions et que nous voulions essayer de relever le défi une nouvelle fois. Mais au final, on y a repensé et nous avons fait un moins bon match que la semaine précédente et ce n’est pas passé…

« De faire rejouer une demie sur une mêlée ? Du jamais vu à notre niveau. »

Culture Sport : Est-ce que l’on peut dire que la Fédération Française de rugby est clairement incompétente suite à cette décision complètement absurde ?

Cyril Cassagne : Honnêtement, je trouve ça aberrant et incompétent de la part d’une commission de trois personnes – dont on ne sait pas s’ils ont pratiqué le rugby et d’où est-ce qu’ils sortent – de décider sur une mêlée. Certes, il existe des textes de loi et suffisamment de règles dans le rugby, mais je trouve ça incohérent. C’est du jamais vu à notre niveau de faire rejouer une demi-finale sur une mêlée où l’issue a été une pénalité en faveur de l’équipe qui a porté réclamation. Je ne vois pas pourquoi on nous a fait rejouer ce match. Soit on nous déclare perdant parce que nous sommes vraiment des tricheurs ou alors on ne fait pas rejouer une demie sur une mêlée simulée… En plus ce n’est pas de notre fait. Peut-être que notre coach a fait une erreur en ne déclarant pas nos piliers blessés, mais les directeurs de matchs sont justement présents toute la saison pour vérifier ces changements et dire aux coachs « là tu as vu, il y a un problème. » Il n’a même pas tenu son rôle. L’arbitre aurait pu également dire « non, on ne fait pas de mêlée simulée. » Nous avons subi cette situation alors que nous n’y sommes pas pour grand-chose.

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Culture Sport : En plus les joueurs d’Annecy auraient eu un manque de respect envers vous, en vous prenant de haut ?

Cyril Cassagne : Lors du premier match, nous avions des joueurs qui avaient des cartons en cours et qui étaient donc susceptibles d’être sanctionnés pour une éventuelle finale. Durant la rencontre, nous avons pris des coups. Notre demi de mêlée a été victime d’une fourchette et a eu trois jours d’ITT. Il est resté plongé dans le noir durant trois jours. Lors du second match, les Annéciens sont venus nous chambrer en fin de match. Ils continuaient à nous traiter de tricheurs. Cela a fait un peu déborder le vase… Tous ces incidents se sont produits en partie à cause de cette commission fédérale… L’histoire de l’envahissement du terrain est complètement disproportionnée. C’est scandaleux que cela ait pu être dit. Les supporters vus avec des bombes de couleurs, nous ont soutenus comme peu de clubs ont été soutenus.

Culture Sport : Ça a vraiment été amplifié…

Cyril Cassagne : Effectivement. Ça n’a pas du tout été la réalité. Il n’y a eu aucun envahissement de terrain par 150 personnes. Il y avait des grillages de trois mètres tout autour du terrain. Les seuls accrochages qui ont eu lieu ont été entre joueurs. Les joueurs d’Annecy ont d’ailleurs mis des coups de pied au sol, leur pilier s’est même battu avec ses crampons. C’était un sketch. Il ne faut pas tout mettre sur le compte de Peyrehorade. Il y a eu cet accrochage parce qu’ils nous chambraient, ils n’ont pas respecté le fait que sur le terrain il n’y avait rien à dire. Nous n’étions pas venus nous battre, bien au contraire ! Nous avons été suffisamment déçus et écœurés durant la semaine.

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« Nos supporters traités de hooligans ? Il faut arrêter, ça va trop loin ! »

Culture Sport : Annecy n’a pas du tout l’esprit rugby, en fait ?

Cyril Cassagne : Pour moi le résumé c’est ça, ils n’ont pas du tout l’esprit rugby. C’est un club qui détient dans son effectif des joueurs venus de différents horizons, d’équipes espoirs notamment. Ils touchent tous de l’argent et sont là parce qu’ils ne pouvaient pas aller à l’échelon supérieur. Il y a eu des tricheries. Il faut savoir qu’ils étaient en Fédérale 1 la saison dernière, mais ils n’ont pas existé sportivement, étant même rétrogradés administrativement en Fédérale 3. C’est qu’il y a eu des manquements. Ils ont également fait jouer des joueurs avec de fausses licences…

Culture Sport : C’est très limite…

Cyril Cassagne : Annecy n’a rien à faire en finale du championnat de France, à commencer sur le terrain puisqu’ils sont passés à la trappe une première fois. On leur a donné la chance de pouvoir y passer une deuxième fois et je ne trouve pas ça normal. C’est du vol caractérisé. Je n’ai pas honte à le dire. On nous a volé une finale. On a volé une finale à un petit club de paysans, parce que oui, Peyrehorade (3 500 habitants) est un petit club. Il y avait 500 supporters qui étaient là, derrière nous, qui ont tout fait pour nous soutenir. Nos supporters ont été traités de hooligans… Il faut arrêter franchement, ça va trop loin ! Il y a de la rancœur, de la haine, beaucoup de dégoût. Quand vous jouez au rugby depuis tout petit et qu’il se passe ce genre de situation, c’est difficile à vivre. Si Annecy est champion, ça n’a pas lieu d’être. Ils sont à cette place grâce à leur réclamation. Ça n’a jamais eu lieu auparavant dans l’Histoire du rugby Français. Je ne vois pas pourquoi, l’an prochain, les réclamations de tous les clubs seraient acceptées. Il y aura des commissions, ça fera manger du monde. Ce n’est pas normal. C’est malheureux, mais le rugby de clocher ce n’est pas ça. Si dans le rugby amateur il faut désormais s’épauler d’un avocat… C’est quand même fou de devoir demander à un avocat de prouver quelque chose. Elle n’est pas recevable cette réclamation.

« On essaye tous de passer à autre chose mais c’est difficile »

Culture Sport : Est-ce que la montée en Fédérale 2, déjà obtenue en amont, vous permet-elle un peu d’oublier cette défaite en demi-finale ? Est-ce qu’elle atténue la déception ou est-ce que cette « défaite » va rester ancrée dans les têtes un petit moment ?

Cyril Cassagne : Ça va rester ancré un moment. On essaye tous de passer à autre chose mais c’est difficile. Honnêtement, on y pense encore. On revoit des moments du premier match, dont notre joie après notre victoire. Notre coach (Thierry Ferrand), qui a vécu la finale en 1994, nous disait que ça allait être énorme, que nous avions une chance inouïe, que nous jouions sans pression, qu’eux n’avaient pas eu cette chance, que nous avions des capacités différentes… C’est vrai que nous avons un groupe très jeune. On vivait ce moment comme un plus. Au fur et à mesure que l’on avançait, on se disait pourquoi ne pas aller toucher ce morceau de bois ? La montée en Fédérale 2, certes elle est là, mais ça va être dur. On a déjà connu ce niveau de compétition et nous avions eu du mal à nous maintenir. Il faut savoir qu’à Peyrehorade il n’y a pas autant de moyens que dans certains clubs aux alentours qui détiennent des budgets énormes. Pour faire venir du monde de l’extérieur, c’est qu’il faut vraiment être attaché à ce club. C’est un club différent. Je ne pensais pas que c’était un club comme celui-là. J’ai trouvé des mecs  formidables. Cela fait maintenant cinq ans que j’y suis et j’aimerais vraiment que d’autres joueurs intègrent cette petite structure et se rendent compte des valeurs qu’il y a.

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Cyril (n°8), avec ses équipiers, après la victoire contre Pamiers et l’officialisation de la remontée en Fédérale 2.

Culture Sport : Que pouvons-nous vous souhaiter à présent ?

Cyril Cassagne : Nous souhaitons retrouver notre honneur et que l’on traite aussi nos supporters comme il se doit. Ce sont des personnes extraordinaires qui nous ont toujours soutenues et mis de leur argent personnel pour venir nous voir. Il faut savoir que se déplacer deux fois à Gruissan ce sont de sacrés budgets… Nos supporters ne sont pas des bagarreurs. Il n’y a jamais eu d’incidents à Peyrehorade.

Le parcours de Peyrehorade

Demi-finales : contre Annecy, gagné 17-15 puis rejoué perdu 12-16
Quarts de finale : contre Gruissan, gagné 16-9
8es de finale : contre Boucau-Tarnos, gagné 23-22
16es de finale retour : contre Pamiers, nul 19-19 (qualifié en 8es, montée en Fédérale 2)
16es de finale aller : contre Pamiers, gagné 19-8
32es de finale retour : contre Hasparren, gagné 20-8 (qualifié en 16es)
32es de finale aller : contre Hasparren, perdu 9-16
Saison régulière : 1er du groupe 10 (avec 60 pts)

Propos recueillis par Nicolas Gréno. Un grand merci à Cyril Cassagne pour sa disponibilité. Crédits photos : page Facebook du Peyrehorade Sport Rugby.

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

There are 2 comments

  1. Mouton

    C est quoi se ramasse de connerie. Sa nomme son site culture sport et sa mets des articles de merde. Renseignez vous bande d amateur. Peyrehorade est un club de pleureuse qui ont attaqué 22joueurs avec 130 personnes.

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