Nathalie Dechy : « Nous arrivons à la finale de Fed Cup bientôt, que la fête soit belle ! »

TENNIS. Pour notre équipe cultureSPORT, Nathalie Dechy ancienne tenniswoman et actuelle directrice de l’Engie Open accepte de se confier sur le bilan du tournoi 2016 et les espoirs qu’elle place dans le tennis féminin français qui vit une période difficile après les jeux olympiques à Rio.

France/EtatsUnisUSA - Fed Cup

cultureSPORT : Pourquoi et comment le tournoi de Biarritz est aussi attractif auprès de différentes nationalités ?

Nathalie Dechy : C’est tout d’abord la catégorie de ce tournoi qui le rend attractif, il y a 140 points WTA à aller chercher en cas de victoires et c’est important pour le classement des joueuses. On espère aussi que la qualité de vie sur la côte basque donne envie aux joueuses de découvrir le lieu ou de revenir année après année.

« L’état d’esprit est tourné vers la performance mais il y a un côté très convivial sur la côte basque »

cultureSPORT : Quel a été l’état d’esprit donc, des joueuses pendant toute une semaine (du 11 au 18 septembre) ?

Nathalie Dechy : C’est un état d’esprit tourné vers la performance mais avec un côté très convivial. Les bénévoles de l’organisation et les spectateurs ont vraiment la chance sur un tournoi comme celui-ci de côtoyer et de rencontrer les joueuses en direct.

cultureSPORT : Vous aviez dit en 2015 : « succéder à Patrice Dominguez est forcément difficile », cependant quelle philosophie avez-vous voulue donner à cet événement avec Mailyne Andrieux ?

Nathalie Dechy : Oui forcément car c’était une personne très charismatique. On a voulu professionnaliser et améliorer l’accueil de ce tournoi tout en gardant une ambiance amicale chez les joueuses et les partenaires.

« Le tournoi est monté en puissance, nous avons des partenaires dynamiques malgré une situation économique difficile »

cultureSPORT : Quel bilan général pouvez-vous faire à l’issue de ce tournoi 2016 ?

Nathalie Dechy : La météo a été très difficile mais on ne peut malheureusement pas gérer ! Le tournoi est vraiment monté en puissance .On a doublé notre nombre de spectateurs sur la semaine, accueilli plus de 500 enfants sur la semaine sur différentes animations et renforcé notre partie hospitalité avec de nouveaux partenaires dynamiques tels que Crédit Agricole Pyrénées Gascogne et Accors Hotels. Plein de positif malgré cela, le tournoi reste encore dans une situation économique difficile.

cultureSPORT : Pauline Parmentier est une habituée du tournoi de Biarritz. Au-delà des matchs dans le tableau 2016, diffusez-vous ensemble un message auprès des françaises, des jeunes licenciés, si oui lequel ? Quel est son impact ?

Nathalie Dechy : Oui nous avons la chance d’avoir Pauline qui aime jouer à Biarritz. Malheureusement cette année elle s’est fait surprendre par cette jeune italienne qui jouait très bien en quart de finale. Nous avons donné aussi des invitations a de jeunes joueuses locales pour leur donner la chance et l’expérience de ce genre de gros tournois. Ludmila Bencheik (championne de France des moins de 16 ans) a joué un match de bonne qualité en qualifications. Nous faisons aussi plusieurs animations sur la semaine avec les bonnes joueuses de la Ligue CBBL ou alors même avec des débutantes pour leur faire découvrir l’univers du tennis.

cultureSPORT : Evaluez-vous leurs performances en amont, ce qui fait qu’elles bénéficient d’une Wild-Card ? ; Que pensez-vous des performances donc, de Chloé Paquet, Harmony Tan, Sara Cakarevic, Jessika Ponchet, Myrtille Georges ?

Nathalie Dechy : Je suis en contact avec Alexandra Fusai responsable du haut niveau féminin à la FFT (Fédération française de tennis), c’est elle qui m’oriente sur les joueuses qu’elle veut encourager et récompenser sur une semaine comme celle-ci. On peut dire que Chloé Paquet a pleinement profité de sa wild-card et s’est relancé après une année compliqué. Je suis très heureuse quand ce genre de résultat arrive.

cultureSPORT : Que pensez-vous des performances de Martina Trévisan et Rebecca Sramkova en simple, celles de Cornelia Lister-Nina Stojanovic et Irina Khromacheva et Maryna Zamevska en double ?

Nathalie Dechy : La jeune slovaque, vainqueur de cette édition est impressionnante de puissance. Elle frappait des premières balles de service à 200 km/h. On va vite la croiser régulièrement sur le circuit WTA. La jeune italienne a surpris tout le monde avec sa « grinta ». Elle avait arrêté le tennis pendant 4 ans et va revenir très vite au plus haut niveau.

Ensuite, un très bon niveau sur cette finale de double qui s’est terminée sur un super tie break [victoire 10-8 dans le dernier set de Khromacheva-Zamevska]

cultureSPORT : Que pouvez-vous nous dire donc, de ces joueuses que le grand public peut méconnaitre ?

Nathalie Dechy : Les joueuses sont souvent méconnues dû à un manque de médiatisation globale du sport féminin. Le niveau cependant est très bon, regardez la vainqueure de l’édition 2015 qui se retrouve dans le top 30 l’année d’après (Laura Seigmund l’allemande).

« Il y a des joueuses qui font de très bons résultats mais qui manquent encore de constance »

cultureSPORT : Quelle analyse pouvez-vous faire de l’avenir du tennis féminin français ?

Nathalie Dechy : Il y a de très bonnes joueuses qui font de super résultats mais qui ont encore besoin de plus de constance à l’année en simple .Je pense que des filles comme Kristina Mladenovic, Caroline Garcia ou Océane Dodin (vainqueur à Québec de son premier tournoi WTA) ont un sacré potentiel. Le point négatif : elles sont moins nombreuses qu’à mon époque !

cultureSPORT : Quels points lui faut-il améliorer après la période difficile des jeux olympiques à Rio ?

Nathalie Dechy : Nous arrivons à la finale de Fed Cup bientôt, que la fête soit belle !

cultureSPORT : Enfin, quels seront vos axes de travail pour la prochaine édition du tournoi ?

Nathalie Dechy : Il nous faut renforcer encore la partie partenaires et mieux nous préparer si la pluie revient sur le pays basque.

Propos recueillis par Pierre-Alexandre Carré (@carr_pierre64)
Crédit photo : Sports et Initiative©

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