Nouran Gohar : « Je vise la première place mondiale »

SQUASH. Mondiaux par équipes féminins. Jeune et talentueuse, Nouran Gohar est plutôt du genre ambitieuse. Promise à un grand avenir, l’Egyptienne va rencontrer tout à l’heure Camille Serme, avec qui elle partage la tête au PSA Road to Dubai.

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Crédits (en haut et en bas) : Marie-Françoise Jolivaldt.

Assise aux côtés de ses équipières égyptiennes – plutôt sereines après leur qualification en demi-finales (rencontre programmée à 19h30 face aux Bleues) -, Nouran Gohar devait initialement traduire les réactions de ses équipières. Mais, avenante et souriante, la numéro trois mondiale a assuré l’intégralité de l’entretien. Du haut de ses dix-neuf ans, la double championne du monde juniors en titre fait preuve d’une maturité impressionnante.


cultureSPORT : Quel est le niveau du squash égyptien ? Peut-on considérer que c’est un des sports rois dans ton pays ?

Nouran Gohar : Le squash est vraiment connu dans notre pays parce qu’on a eu beaucoup de champions, que ce soit du côté des hommes comme des femmes. Ces dernières ont fait un bon boulot. Aujourd’hui, nous sommes numéro une, deux et trois mondiales. C’est exceptionnel. C’est vraiment bien pour l’Egypte d’avoir de grands champions parce que ça va aider les prochaines générations à gravir les échelons. C’est ça qui nous aide à avoir un bon niveau au squash.

cultureSPORT : Le fait d’avoir la numéro une mondiale à ses côtés, ça motive, ça tire forcément le groupe vers le haut…

Nouran Gohar : Bien sûr. Ça a d’abord été le cas pour les hommes. On a eu (Ahmed) Barada (vice-champion du monde en 1999, NDLR) puis (Amr) Shabana (leur coach, quadruple champion du monde, NLDR) puis Karim Darwish (médaillé d’argent aux Mondiaux 2008, NDLR) toujours des générations qui regardent ces exemples et rêvent un jour d’être comme eux. Ils s’entraînent devant eux dans les clubs, donc ils savent ce qu’ils font. Ils ont des exemples à suivre. C’est plus facile quand tu as quelqu’un à regarder que de ne pas vraiment savoir comment faire pour être un champion.

cultureSPORT : Comment expliques-tu le fait que le squash soit devenu un sport si populaire en Egypte ?

Nouran Gohar : Tout a commencé avec le « tournoi des Pyramides » (le Al-Ahram International, en 1996, NDLR). On a mis le court vitré autour des pyramides, ça a été un événement extraordinaire. Le peuple égyptien est venu et il a vraiment aimé le tournoi. Au même moment, Barada a été le premier joueur égyptien à jouer. Il a été comme un héros pour nous, en plus il était le seul. Donc toutes les nouvelles générations le regardaient. Aujourd’hui, il y a sept Egyptiens dans le top ten. Tous ces bons joueurs, ils le regardaient quand ils avaient six-sept ans. Ils voulaient tous être comme lui.

cultureSPORT : Qu’est-ce qu’on a comme objectifs quand on domine déjà la planète squash ?

Nouran Gohar : On essaye toujours de s’améliorer. Aujourd’hui, je suis numéro trois mondiale mais je vise la place de numéro une. Mais ce qui est le plus important, c’est de s’améliorer, de jouer mieux, de travailler sur ses points faibles et les résultats suivent après.

« On a tous les critères pour que notre sport soit olympique »
cultureSPORT : C’est cette rivalité saine qui vous pousse à être de plus en plus compétitive ?

Nouran Gohar : C’est sûr, c’est toujours ça qui aide à s’améliorer.

cultureSPORT : Le squash tente de décrocher, en vain, sa place dans le giron olympique. Pour les Jeux de 2020, la fédération internationale a encore une fois essuyé un refus. Tu le déplores forcément…

Nouran Gohar : C’est vraiment frustrant. Mais notre sport est en train de grandir. On a vraiment beaucoup d’événements dans tous les pays : aux Etats-Unis, en France… J’ai entendu que les prochains Mondiaux par équipes auraient lieu en Chine. En Asie, il y a beaucoup de compétitions. Notre discipline se développe. Normalement, elle devrait être inscrite au programme des Jeux Olympiques. On a tous les critères pour y être.

cultureSPORT : Pour l’instant votre Graal, c’est le titre mondial. Tu aimerais bien que votre Graal devienne la médaille d’or olympique…

Nouran Gohar : Bien sûr ! Pour tous les athlètes, être champion olympique c’est vraiment quelque chose d’exceptionnel. C’est un autre sentiment. C’est une très bonne chose d’être champion du monde, mais devenir champion olympique, c’est encore plus grand.

cultureSPORT : Comment se fait-il que tu parles aussi bien le français ? Tu t’entraînes ici ?

Nouran Gohar : Non, non. Je suis allée au lycée français du Caire. J’ai eu une éducation française et j’ai eu mon BAC scientifique avec mention très bien (rires). C’était en juin 2014. Maintenant, j’étudie l’anglais à l’université américaine en Egypte, donc j’essaie d’avoir un bon anglais (rires).

culturesport-nouran-gohar-squashFiche d’identité

Âge : 19 ans (né le 30 septembre 1997 au Caire)
Poids, taille : 50 kg, 1m65
Prise de raquette : droitière
Coachs : Omar Abdel Aziz, Karim Darwish
Classement mondial : 3e (meilleur classement)
Palmarès : championne du monde juniors 2015 et 2016, lauréate de l’Hong Kong Open 2016, finaliste du British Open, de l’Open de Chine et du Wadi Degla Open 2016

Propos recueillis par Thomas Dupleix (@ThomasDupleix) et Nicolas Gréno (@nicolasgreno) à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

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About Nicolas Gréno

Créateur & rédac' @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l'UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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