Nicolas Bascazeaux : « Une saison rocambolesque »

FOOTBALL. Régionale 1. Près de cinq mois après leur belle épopée en Coupe de France, les Biarrots continuent de lutter pour leur survie dans l’élite régionale en Nouvelle-Aquitaine. Samedi dernier, les Basques l’ont emporté face à Tartas au terme d’un match épique. Pour le plus grand bonheur du coach de la JAB, Nicolas Bascazeaux.
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Sous les œils de son adjoint François-Xavier Legaz, Nicolas Bascazeaux enlace Willy Duventru au coup de sifflet final. Crédit : Nicolas Gréno/cultureSPORT.

cultureSPORT : Face à Tartas, le match a été assez fou. Un peu à l’image de votre saison…

Nicolas Bascazeaux : Les consignes de base étaient de mettre l’adversaire sous pression tout en restant le plus calme possible. Lors de la première échauffourée, un joueur «craquouille». A la deuxième échauffourée, un deuxième joueur craque. Bien évidemment, nous n’étions pas très satisfaits. En dix ans d’expérience, c’est la première fois que je mets quatre buts avec une équipe à neuf. En termes d’émotions, ça a été les montagnes russes. Pendre une but, être menés, se demander comment on va sortir de là et finalement gagner 4-3, c’est tout bonnement improbable.

cultureSPORT : D’avoir été réduits à neuf, est-ce que ça a pu rebooster vos joueurs ?

Nicolas Bascazeaux : Cela a déclenché quelque chose chez les joueurs, oui. Mais jouer à neuf  pendant cinquante minutes a été compliqué à gérer. Physiquement, on n’a pas bataillé. On s’est mis à quatre défenseurs, trois milieux récupérateurs, un devant et au boulot : venga ! Même si ça a été compliqué et que les corps sont usés, les têtes sont heureuses.

« Je viens de découvrir qu’il peut jouer gardien »

cultureSPORT : Une fois votre gardien (Fred Gotte) expulsé, vous avez été contraint de faire entrer un joueur de champ… Même s’il joue attaquant en réserve, Oyenard s’est surpassé !

Nicolas Bascazeaux : Nico est un garçon très généreux qui apporte beaucoup de densité devant. C’est un numéro 9 qui apporte habituellement de la profondeur. Quand Fred a pris le carton, il m’a de suite dit (il prend l’accent uruguayen) : «Coach, yé veut jouer dans les boutes.» Il n’a pas eu peur, a pris ses responsabilités et a sorti 2-3 arrêts fondamentaux. Je viens de découvrir qu’il peut jouer gardien (rires). Ça a été une surprise. Même s’il a été généreux et porté par l’adrénaline, on a pu voir que les deux buts qu’il a encaissés sont dus à des erreurs de placement.

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L’arbitre tarde à siffler la fin de la rencontre, le technicien biarrot fait les cent pas. Crédit : Nicolas Gréno/cultureSPORT.

cultureSPORT : Grâce à ce succès précieux, vous repassez devant Tartas au classement…

Nicolas Bascazeaux : Et en plus, nous avons l’avantage de jouer un match de plus. On va se déplacer chez trois équipes qui ont quelque chose à jouer : Libourne, qui joue le titre, Lormont et Langon. Il nous faut au moins accrocher un point. Désormais, nous sommes six équipes en trois points. Cela peut vite basculer, d’un côté comme d’un autre. Le maintien n’est pas encore acquis. Même si on sort de la zone de relégation, que nous sommes ballottage favorable, que nous avons notre destin entre nos pieds, il faut continuer de garder la tête sur les épaules.

cultureSPORT : A l’avenir, quel est l’objectif du club ? Se pérenniser en Régionale 1 dans un premier temps puis viser progressivement la montée en Nationale 3 (future ex-CFA 2) ?

Nicolas Bascazeaux : Oui, on doit d’abord se pérenniser à ce niveau. A trois journées de la fin, on se retrouve à jouer le maintien. Sur le papier, normalement, on aurait dû l’acquérir beaucoup plus tôt dans la saison. L’an prochain, on espère qu’on n’aura pas les déboires (pénaltys non sifflés, poteaux sortants) et, par conséquent, ne pas faire des comptes d’apothicaire pour voir quels points vont nous manquer. L’idée est d’être beaucoup plus tranquilles et voir, dans quelques années, plus haut. Quand vous êtes coach ou joueur, vous êtes obligés de végéter dans une division, ce qui n’est pas forcément alléchant. La N3, c’est trop tôt pour y penser.

« Partir dans le monde pro, n’est pas forcément intéressant »

cultureSPORT : En plus de la Coupe de France, votre saison a été ponctuée de quelques péripéties parfois improbables…

Nicolas Bascazeaux : C’était une saison rocambolesque on va dire (rires). La Coupe de France nous a amenés à jouer une équipe de Ligue 1, le 8 janvier, lors de la trêve hivernale. Quelques mois plus tard, on a eu des soucis de matchs reportés. Le vendredi soir, on nous a envoyés à Bordeaux pour jouer contre Arlac. Comme cette rencontre devait se jouer à la maison, on a décidé de ne pas y aller. Finalement, elle a été rejouée. Notre bus, lui, est tombé en panne sur l’autoroute en allant vers Lormont. Émotionnellement parlant, la saison n’a pas été tranquille. Mais c’est aussi pour ça qu’on fait du foot.

cultureSPORT : A titre personnel, quels sont vos objectifs en tant que coach ?

Nicolas Bascazeaux : Je suis peut-être une race ou une espèce à part, mais je n’ai aucune intention de viser le monde pro. Je veux faire mon travail du mieux possible dans le coin. J’ai une femme, une fille et un boulot ici. Partir dans le monde pro pour des contrats précaires d’un an ou deux, ce n’est pas forcément intéressant pour un mec de 40 ans comme moi. Je suis bien dans ma région et quelle que soit la division, je veux travailler du mieux possible. A part avoir une opportunité exceptionnelle, je ne regarde pas vers le monde pro.

cultureSPORT : Lors du match contre Rennes, vous avez pu converser avec Christian Gourcuff. Le technicien breton vous a-t-il glissé quelques conseils à appliquer avec la JAB ?

Nicolas Bascazeaux : Avec cette Coupe, j’ai eu la chance d’avoir des contacts avec plusieurs clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. On m’a invité à aller faire des stages ou des mises en pratique. Je vais profiter de l’année prochaine ou des vacances pour aller faire l’éponge et prendre un maximum d’informations pour essayer d’enrichir ma culture foot. J’y vais avec des yeux de gamin.

La série JAB

Partie 1 : Des souvenirs inégalables face à Rennes
Partie 2 : Nicolas Bascazeaux : « Une saison rocambolesque »
Partie 3 : L’extraordinaire aventure de la Coupe
Partie 4 : Le match de folie contre Tartas
Partie 5 : Focus sur les anciens
Partie 6 : A la découverte de la JAB omnisports

Propos recueillis par Nicolas Gréno (@nicolasgrenon.greno@culturesport.net), le samedi 6 mai 2017 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).

About Nicolas Gréno

Créateur & rédac’ @cultureSPORT depuis mai 2009. Correspondant sportif Sud Ouest. Passé par le DU Journalisme à l’UPPA. Contact : n.greno@culturesport.net

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